
Pourquoi une même situation provoque-t-elle chez une personne une légère contrariété et chez une autre une colère immense ?
Pourquoi certaines émotions semblent-elles exploser vers l’extérieur alors que d’autres nous font ralentir, nous replier ou nous effondrer intérieurement ?
Nous pouvons naturellement observer les émotions avec le Yin et le Yang.
La colère présente généralement davantage de caractéristiques Yang : elle monte, mobilise, contracte et pousse vers l’action.
La tristesse profonde nous conduit davantage vers le Yin : ralentissement, intériorisation, perte de mouvement, repli.
Mais cette classification n’est que la première étape.
Car elle ne répond pas à la question essentielle :
Pourquoi l’émotion apparaît-elle et, surtout, pourquoi devient-elle parfois si intense ?
Dans mon approche de la psychologie Yin-Yang, l’émotion n’est pas le début du problème.
Elle est la manifestation énergétique visible d’un conflit intérieur.
Cette lecture est différente de l’approche classique des émotions en médecine traditionnelle chinoise, qui les met notamment en relation avec les cinq mouvements et différents organes. Ici, nous allons remonter en amont de cette classification pour observer le mécanisme de polarisation qui peut donner naissance à la puissance émotionnelle.
Justice et injustice.
Vérité et mensonge.
Liberté et enfermement.
Respect et irrespect.
Amour et haine.
Plus nous plaçons un pôle très haut et rejetons son complémentaire très bas, plus nous créons ce que j’appelle une différence de potentiel.
L’émotion devient alors comparable au bouillonnement de l’eau au pied d’une cascade.
Plus la différence de hauteur est importante, plus l’énergie libérée est importante.
C’est cette lecture que je développe dans mon livre Yin/Yang – Les bases : Psychologie : comprendre l’émotion non comme un phénomène isolé qu’il faudrait simplement contrôler, mais comme la manifestation d’une polarisation intérieure.

Comprendre les émotions avec le Yin et le Yang
Dans cette vidéo, je reprends les principes essentiels développés dans cet article : pourquoi une même situation peut provoquer de la colère chez une personne et de la tristesse chez une autre, comment observer le mouvement Yin ou Yang d’une émotion, et surtout pourquoi son intensité peut révéler une différence de potentiel beaucoup plus profonde entre deux pôles de notre psychisme.
La vidéo permet d’entrer simplement dans cette lecture avant d’en approfondir les différents mécanismes dans l’article.
Sommaire
- Émotions Yin et Yang : peut-on les classer ?
- Pourquoi ressentons-nous des émotions ?
- Psychologie taoïste : notre mental fonctionne aussi par polarités
- Justice et injustice : comprendre la différence de potentiel
- Pourquoi certaines émotions deviennent-elles si intenses ?
- Tristesse Yin, colère Yang : comprendre le mouvement des émotions
- Désir et répulsion : les deux mouvements du conflit intérieur
- Pourquoi vouloir supprimer une émotion peut renforcer le conflit
- Colère, tristesse, peur : certaines émotions sont-elles socialement interdites ?
- Faut-il exprimer ses émotions ?
- Design Humain : sommes-nous émotionnels ou non émotionnels ?
- Fatigue et réactions émotionnelles
- De l’émotion à l’équanimité : la lecture du Dzogchen
- Comprendre ses émotions plutôt que les contrôler
Émotions Yin et Yang : peut-on les classer ?
Oui, à condition de ne pas transformer le Yin et le Yang en nouvelles cases.
Une émotion peut d’abord être observée par son mouvement.
Est-ce que quelque chose monte ou descend ?
S’extériorise ou s’intériorise ?
Se contracte ou se relâche ?
Accélère ou ralentit ?
Une tristesse profonde peut entraîner un ralentissement général. La personne perd de son élan, parle moins, bouge moins, se replie parfois sur elle-même.
La dynamique est davantage Yin.
La colère produit généralement un mouvement différent.
Quelque chose monte. Le corps se tend. La voix peut devenir plus forte. Une impulsion apparaît : agir, repousser, répondre.
La dynamique est davantage Yang.
Mais exactement comme nous l’avons vu dans Excès de Yin ou excès de Yang : comment reconnaître un déséquilibre ?, une manifestation visible ne suffit jamais à comprendre toute la dynamique.
Une peur peut figer une personne ou la faire courir.
Une tristesse peut être silencieuse ou extrêmement agitée.
Une colère peut exploser ou rester entièrement contenue.
La question n’est donc pas seulement :
« Quelle émotion est Yin et quelle émotion est Yang ? »
Mais :
« Quel mouvement cette émotion produit-elle ? »
Pour revenir aux principes qui permettent cette lecture, vous pouvez commencer par Yin et Yang : comprendre les principes fondamentaux.
Pourquoi ressentons-nous des émotions ?
Nous disons facilement :
« J’ai un problème de colère. »
« Je suis trop triste. »
« Je dois apprendre à gérer mes émotions. »
Ces formulations placent immédiatement l’émotion au centre du problème.
Je propose de regarder ce qui se trouve derrière.
Pourquoi cette colère ?
Pourquoi cette tristesse ?
Pourquoi cette situation précise déclenche-t-elle quelque chose de très puissant alors qu’une autre situation, apparemment comparable, ne produit presque rien ?
Dans mon livre Yin/Yang – Les bases : Psychologie, je propose de considérer les émotions comme la manifestation de nos déséquilibres intérieurs plutôt que comme leur origine.
Une colère est donc reliée au pourquoi de la colère, et non uniquement à la colère elle-même.
L’émotion devient alors une information.
Elle nous montre qu’une tension existe entre le monde tel qu’il se présente et la représentation intérieure que nous en avons construite.
Psychologie taoïste : notre mental fonctionne aussi par polarités
Dans le monde physique, nous acceptons facilement les polarités.
Jour et nuit.
Chaud et froid.
Ouvert et fermé.
Expansion et contraction.
Dans le monde psychique apparaissent également des paires :
justice / injustice
vérité / mensonge
paix / guerre
liberté / enfermement
respect / irrespect
confiance / défiance
amour / haine
Mais une différence fondamentale apparaît.
Nous acceptons facilement que le jour et la nuit existent ensemble.
Psychologiquement, nous voudrions beaucoup plus volontiers conserver la justice et supprimer l’injustice, conserver la paix et supprimer la guerre, conserver le respect et faire disparaître l’irrespect.
Nous cherchons à séparer les deux faces d’une même pièce.
Or justice et injustice existent ensemble dans le concept même qui les réunit.
Vouloir les séparer ne fait pas disparaître la polarité.
C’est dans cette tentative de séparation que commence le conflit intérieur.
Justice et injustice : comprendre la différence de potentiel
Prenons l’exemple de la justice.
Vous pouvez considérer la justice comme une valeur fondamentale.
Il n’y a rien de problématique à cela.
Mais imaginons que, dans votre représentation intérieure, vous placiez la justice tout en haut.
Et l’injustice tout en bas.
Vous ne souhaitez plus simplement agir de manière juste.
Vous commencez à considérer que l’injustice ne devrait pas exister.
La distance entre les deux pôles devient immense.
C’est cette distance que j’appelle une différence de potentiel.
Dans mon livre Yin/Yang – Les bases : Psychologie, je l’illustre avec une cascade.
Une chute d’eau de 50 centimètres et une chute de 12 mètres ne produisent évidemment pas la même puissance.
Plus la différence de hauteur est importante, plus la chute libère d’énergie.
J’applique la même image au monde psychologique : plus nous élevons un concept tout en rejetant son complémentaire, plus nous créons une différence de potentiel importante.
Et que voyons-nous au pied de la cascade ?
Le bouillonnement.
L’émotion est ce bouillonnement.
Elle est ce qui devient visible de la différence de potentiel intérieure.
Pourquoi certaines émotions deviennent-elles si intenses ?
Deux personnes assistent à la même injustice.
La première est contrariée.
La seconde entre dans une colère immense.
L’événement extérieur peut être identique.
Ce qui change, c’est notamment la différence de potentiel intérieure.
Chez la seconde personne, la distance entre « ce qui devrait absolument exister » et « ce qui ne devrait jamais exister » peut être beaucoup plus grande.
Nous arrivons alors à une distinction essentielle :
La nature de l’émotion nous renseigne sur la direction du mouvement.
Son intensité nous renseigne sur l’importance de la différence de potentiel.
C’est pourquoi réduire la psychologie Yin-Yang à :
colère = Yang
et :
tristesse = Yin
nous ferait passer à côté de l’essentiel.
Le Yin et le Yang nous permettent d’observer comment l’émotion se manifeste.
La différence de potentiel nous aide à comprendre pourquoi elle peut devenir si puissante.
Tristesse Yin, colère Yang : comprendre le mouvement des émotions
Nous pouvons néanmoins observer un mouvement allant davantage du Yin vers le Yang.
Du côté Yin, nous rencontrerons plus facilement :
ralentissement, retrait, intériorisation, perte d’élan, tristesse, désespoir.
En allant vers le Yang apparaissent davantage :
tension, irritation, énervement, colère, mobilisation, explosivité.
Mais il ne s’agit pas d’une échelle rigide.
Une peur peut provoquer la fuite : le mouvement devient rapide et Yang.
La même peur peut figer : le mouvement devient beaucoup plus Yin.
Une colère peut être extérieurement spectaculaire.
Une autre peut être maintenue intérieurement pendant des années.
Une tristesse peut immobiliser.
Une autre peut produire des pleurs, des paroles et beaucoup de mouvement.
Ce n’est donc jamais le nom de l’émotion qui suffit. C’est son mouvement qu’il faut observer.
Désir et répulsion : les deux mouvements du conflit intérieur
Derrière beaucoup de nos conflits apparaissent deux mouvements fondamentaux :
« Je veux cela. »
et :
« Je ne veux surtout pas cela. »
Désir et répulsion.
Ils semblent opposés, mais sont intimement liés.
Prenons le désir d’être aimé.
Si je désire absolument être aimé, je refuse simultanément la possibilité de ne pas l’être.
Nous retrouvons la même polarité : existence/inexistence.
Le désir tire d’un côté.
La répulsion tire de l’autre.
J’utilise dans mon livre l’image d’un élastique que nous chercherions à tirer par les deux extrémités.
Plus nous éloignons les deux bouts, plus la tension augmente.
Pourtant, ils appartiennent toujours au même élastique.
Il en va de même de nos polarités psychiques : plus nous cherchons à séparer deux pôles complémentaires, plus nous devons maintenir intérieurement cette séparation.
Cette observation rejoint aussi le bouddhisme que j’ai étudié durant plusieurs années, dans lequel désir et répulsion occupent une place centrale dans la compréhension du Samsara.
Ces mécanismes de polarité deviennent particulièrement visibles dans le couple. Attraction et répulsion, désir et refus, besoin de proximité et besoin de distance peuvent créer des différences de potentiel très importantes entre deux personnes.
J’ai développé cette lecture dans Couple et sexualité : comprendre la relation avec le Yin et le Yang, ainsi que dans ma page consacrée plus spécifiquement à la sexualité taoïste.
Le couple devient alors un véritable terrain d’observation du Yin et du Yang : ce que nous recherchons chez l’autre, ce que nous refusons, ce qui nous attire et ce qui nous repousse peuvent révéler très directement nos propres polarités intérieures.
Cette approche est également mise en pratique dans mon module Couple & Sexualité Yin-Yang, conçu pour observer concrètement ces dynamiques dans la relation, l’intimité et la sexualité.
Pourquoi vouloir supprimer une émotion peut renforcer le conflit
Nous vivons une émotion désagréable et décidons :
« Je ne veux plus être en colère. »
« Je ne veux plus avoir peur. »
« Je ne veux plus être triste. »
Nous risquons alors de reproduire exactement le mécanisme que nous essayons de résoudre.
Nous créons un nouveau couple :
émotion acceptable / émotion inacceptable.
La colère devient quelque chose qui ne devrait pas exister.
La peur devient interdite.
La tristesse devient un défaut qu’il faudrait éliminer.
Nous augmentons potentiellement une nouvelle différence de potentiel.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les comportements produits par une émotion doivent être acceptés.
Être en colère et agresser quelqu’un sont deux choses différentes.
Nous pouvons poser une limite à un comportement tout en observant l’émotion qui l’a précédé.
L’émotion devient alors un signal à comprendre plutôt qu’un ennemi à supprimer.
Colère, tristesse, peur : certaines émotions sont-elles socialement interdites ?
Cette sélection des émotions ne se joue pas uniquement à l’intérieur de nous.
Elle existe aussi dans les familles, les cultures et les sociétés.
Certaines émotions peuvent être valorisées tandis que d’autres deviennent presque interdites.
Dans un environnement, montrer sa tristesse sera accepté, mais exprimer de la colère sera considéré comme inadmissible.
Dans un autre, pleurer sera considéré comme une faiblesse alors qu’une expression plus agressive sera beaucoup mieux tolérée.
Nous créons ainsi une sorte de hiérarchie sociale des émotions.
Certaines auraient le droit d’exister.
D’autres non.
La lecture Yin-Yang nous invite justement à nous méfier de cette tentation de supprimer une moitié de l’expérience humaine.
Car nous retrouvons encore une polarité :
émotion acceptable / émotion inacceptable.
La question n’est donc pas :
« Quelle émotion est bonne et quelle émotion est mauvaise ? »
Mais :
« Qu’est-ce que cette émotion est en train de manifester ? »
Faut-il exprimer ses émotions ? Exprimer n’est pas ressasser
Nous entendons souvent :
« Il faut exprimer ses émotions. »
Là encore, attention à ne pas remplacer une règle par son contraire.
Il ne s’agit pas d’interdire l’expression émotionnelle.
Pleurer peut être nécessaire.
Parler peut être nécessaire.
Une émotion peut avoir besoin de traverser le corps et de se manifester.
Mais exprimer n’est pas ressasser.
Revivre et ressasser indéfiniment une émotion ne signifie pas nécessairement que le conflit qui la produit s’est rééquilibré.
Si, vingt ans après un événement, son récit produit encore exactement la même cascade émotionnelle, une question devient légitime :
la différence de potentiel est-elle réellement moins importante ?
La question n’est donc pas seulement :
« Ai-je exprimé mon émotion ? »
Mais :
« Le conflit intérieur qui la produit s’est-il transformé ? »
Design Humain : sommes-nous émotionnels ou non émotionnels ?
Nous devons ajouter une autre dimension : nous n’avons pas tous la même mécanique émotionnelle.
C’est ici que le Design Humain apporte une lecture complémentaire.
En Design Humain, on distingue notamment les personnes dites émotionnelles, dont le centre du plexus solaire est défini, et les personnes dites non émotionnelles, dont ce centre n’est pas défini.
Cela ne signifie absolument pas que les personnes dites non émotionnelles n’ont pas d’émotions.
Elles peuvent vivre des émotions très puissantes.
La différence concerne leur mécanique.
Dans mon livre, je présente le centre émotionnel défini comme davantage émetteur d’un flux émotionnel.
La personne possède son propre mouvement émotionnel, avec un débit qui peut naturellement varier.
Lorsque le centre émotionnel n’est pas défini, la mécanique est davantage celle d’un récepteur.
J’utilise là encore l’image de la cascade.
Deux personnes peuvent être confrontées à leurs propres différences de potentiel, mais elles ne disposent pas nécessairement du même « débit » émotionnel.
Certaines sont davantage émettrices.
D’autres davantage réceptrices.
Nous retrouvons donc deux dimensions différentes :
la différence de potentiel participe à l’intensité du conflit intérieur ;
la mécanique émotionnelle participe à la manière dont ce flux est vécu, émis ou reçu.
Cela permet d’éviter un jugement supplémentaire.
Une personne qui manifeste fortement ses émotions n’est pas nécessairement plus déséquilibrée qu’une personne qui les manifeste peu.
Et une personne dite non émotionnelle en Design Humain n’est évidemment pas une personne qui ne ressent rien.
Elle peut au contraire être particulièrement sensible au champ émotionnel qu’elle reçoit.
C’est l’un des exemples où le Design Humain peut nous aider à comprendre pourquoi nous ne vivons pas tous une même situation de la même manière.
Fatigue et réactions émotionnelles : pourquoi perdons-nous le contrôle ?
Notre niveau d’énergie modifie également notre manière de vivre nos conflits.
Une contrariété insignifiante après une excellente nuit peut devenir insupportable lorsque nous sommes épuisés.
Lorsque nous sommes fatigués, une partie de notre capacité habituelle de contrôle diminue.
Le conflit qui était déjà présent peut alors devenir beaucoup plus visible.
La fatigue ne crée donc pas nécessairement le conflit.
Elle peut simplement réduire notre capacité à le contenir.
C’est aussi ce qui rend les périodes de fatigue particulièrement intéressantes à observer.
Lorsque notre mental dispose de moins d’énergie pour contrôler ses réactions, certains conflits apparaissent beaucoup plus clairement.
Plutôt que de juger immédiatement ce qui apparaît, nous pouvons alors nous demander :
« Qu’est-ce que cette réaction me montre ? »
De l’émotion à l’équanimité : la lecture du Dzogchen
Si l’émotion est le bouillonnement de la cascade, l’objectif n’est pas forcément de bloquer l’eau.
Il est plutôt de réduire progressivement la différence de hauteur qui produit cette puissance.
Reprenons justice et injustice.
Il ne s’agit absolument pas de devenir indifférent à l’injustice.
Il ne s’agit pas davantage de considérer que tout se vaut.
Nous pouvons agir contre une injustice.
Nous pouvons défendre quelqu’un.
Nous pouvons choisir de consacrer notre vie à davantage de justice.
Mais il existe une différence entre agir avec clarté et être entièrement emporté par le conflit intérieur que la situation déclenche.
C’est ici que j’utilise le mot équanimité.
L’équanimité n’est pas l’indifférence.
Dans la psychologie bouddhiste Dzogchen telle que je l’ai reçue, elle fait partie des qualités reliées à la transformation des cinq éléments.
Elle correspond à cette capacité à ne plus être immédiatement emporté par l’attraction ou la répulsion, tout en restant pleinement présent à ce qui est vécu.
Cette lecture rejoint très naturellement le Yin et le Yang.
Lorsque nous cessons de vouloir supprimer un pôle pour ne conserver que son opposé, la séparation diminue.
La différence de potentiel se réduit et, avec elle, une partie de la puissance conflictuelle de l’émotion.
Justice et injustice existent toujours. Mais je n’ai plus besoin de déchirer intérieurement le monde en deux pour pouvoir agir.
Cette dimension nourrit également mon enseignement aujourd’hui en tant que Lama Thubten, dans la continuité de ma formation et de ma pratique du Dzogchen.
L’objectif n’est donc pas de ne plus rien ressentir.
Il est de pouvoir ressentir, observer et agir sans être systématiquement emporté par la différence de potentiel que notre propre psychisme a construite.
Comprendre ses émotions plutôt que les contrôler
Nous cherchons beaucoup aujourd’hui à contrôler nos émotions.
Respirer pour faire disparaître une colère.
Se motiver pour sortir d’une tristesse.
Penser positivement pour ne plus avoir peur.
Ces pratiques peuvent avoir leur utilité.
Mais elles agissent principalement sur la manifestation.
La psychologie Yin-Yang nous invite à poser une autre question :
quelle séparation intérieure produit cette émotion ?
Quel concept ai-je placé tellement haut que son complémentaire est devenu insupportable ?
Justice/injustice ?
Respect/irrespect ?
Liberté/enfermement ?
Amour/haine ?
Reconnaissance/rejet ?
Lorsque nous découvrons la paire, nous commençons à voir la structure du conflit.
Lorsque nous observons la distance que nous avons créée entre les deux pôles, nous commençons à comprendre la puissance de l’émotion.
Et lorsque nous cessons progressivement de vouloir supprimer une moitié de la réalité, quelque chose peut commencer à se détendre.
La nature de l’émotion nous renseigne sur la direction du mouvement. Son intensité nous renseigne sur l’importance de la différence de potentiel.
C’est probablement la phrase qui résume le mieux toute cette approche.
Le Yin et le Yang cessent alors d’être une théorie psychologique supplémentaire.
Ils deviennent un outil permettant d’observer notre propre fonctionnement.
Non pas pour nous débarrasser de nos émotions.
Mais pour comprendre ce qui les met en mouvement.
Et progressivement retrouver davantage d’autonomie face à nos propres réactions.
Pour aller plus loin
Cette page ne présente qu’une partie de cette approche.
Je développe le mécanisme des concepts, de la différence de potentiel, des émotions, du Design Humain, du Samsara et du triangle de Karpman dans mon livre Yin/Yang – Les bases : Psychologie.
Pour revenir aux principes fondamentaux, vous pouvez également lire Yin et Yang : comprendre les bases.
Ces sujets sont abordés dans mon enseignement court Yin-Yang en ligne sur deux jours, pour entrer rapidement dans les principes, la psychologie Yin-Yang et le Design Humain.
Pour ceux qui souhaitent aller beaucoup plus loin, mon enseignement Yin-Yang online développe une compréhension globale du monde physique, psychologique et métaphysique.
À propos de Sébastien LIEVRE
Sébastien LIEVRE étudie le Yin et le Yang depuis l’âge de 23 ans.
Praticien en santé taoïste chinoise et naturopathie depuis plus de vingt ans, il transmet cette approche à travers ses consultations, ses livres, ses conférences et ses enseignements.
Il est notamment l’auteur de Yin/Yang – Les bases : Psychologie, dans lequel il développe cette lecture du conflit intérieur, des émotions et de la différence de potentiel.
Sa pratique et son enseignement intègrent également le bouddhisme Dzogchen. Lama Thubten, il établit des ponts entre la lecture taoïste du Yin et du Yang et certains principes de la psychologie bouddhiste.
Sébastien LIEVRE – Santé taoïste chinoise et cohérence du vivant