Yoga moderne, hypermobilité et perte de cohérence : quand l’excès d’ouverture finit par fragiliser le corps

Personne très souple en posture de yoga avec contraste entre ouverture corporelle et instabilité interne

De plus en plus d’études commencent à montrer que certaines pratiques modernes du yoga peuvent entraîner des douleurs articulaires, une hypermobilité excessive ou une perte de stabilité mécanique lorsqu’elles deviennent une recherche permanente de souplesse et d’amplitude, le yoga devient-il dangereux ?

Pourtant, le problème n’est probablement pas le yoga lui-même.

Le problème apparaît lorsque la pratique devient :
– une recherche de performance corporelle,
– un dépassement du signal du corps,
– une ouverture permanente sans structure,
– ou une fuite intérieure déguisée en pratique de bien-être.

Car le corps humain n’est pas conçu uniquement pour “s’ouvrir”.
Il doit aussi maintenir une cohérence entre :
– relâchement et tonicité,
– mobilité et stabilité,
– expansion et recentrage.

C’est précisément ce que la vision Yin Yang permet de comprendre.

Cette lecture s’inscrit dans le cadre de la cohérence du vivant, un concept développé par Sébastien Lievre.

Dans cette page :
– comprendre l’origine réelle du yoga
– voir pourquoi certaines pratiques modernes peuvent déséquilibrer le corps
– comprendre le lien entre rigidité intérieure et recherche excessive d’ouverture
– retrouver une lecture Yin Yang du mouvement et de la cohérence corporelle

Comprendre le concept de cohérence du vivant

Réponse rapide

Le yoga traditionnel n’était pas conçu comme une gymnastique d’hyper-souplesse.

Historiquement, les postures servaient surtout à stabiliser le corps, calmer le mental et soutenir la respiration ainsi que la méditation.

Le problème apparaît lorsque la pratique devient une recherche permanente d’ouverture et d’étirement.

Dans une lecture Yin Yang, trop d’ouverture sans structure finit par fragiliser le système :
– hypermobilité,
– fatigue,
– instabilité,
– douleurs diffuses,
– perte de tonicité,
– sensation d’effondrement.

Le corps vivant fonctionne toujours par équilibre entre Yin et Yang.
Lorsque l’un des deux pôles domine excessivement, la cohérence du système diminue.

Sommaire

  • Le yoga originel n’était pas centré sur la souplesse
  • Comment le yoga moderne a changé
  • Le piège moderne : associer ouverture et santé
  • La lecture Yin Yang du corps et du mouvement
  • Quand l’excès de Yin finit par fragiliser les tissus
  • Pourquoi certaines personnes rigides cherchent l’ouverture
  • Hypermobilité, fatigue et système nerveux
  • Les 5 Tibétains : une approche différente du mouvement
  • La cohérence du vivant dépasse le yoga
  • Retrouver un mouvement cohérent

Le yoga originel n’était pas centré sur la souplesse

Le yoga ancien était avant tout une pratique intérieure.

Son objectif principal était :
– calmer le mental,
– stabiliser la respiration,
– soutenir la méditation,
– développer la présence,
– et harmoniser le fonctionnement global de l’être humain.

Les postures servaient surtout à maintenir une assise stable et durable.

Pendant des siècles, le yoga ne comportait qu’un nombre relativement limité de postures.

On est donc très loin du yoga moderne basé sur :
– les grands écarts,
– les hyper-extensions,
– les contorsions,
– les équilibres extrêmes,
– ou la recherche permanente de flexibilité.

Le yoga n’était pas une performance articulaire.

Comment le yoga moderne a changé

Au XXe siècle, une partie du yoga moderne s’est progressivement mélangée :
– à la gymnastique occidentale,
– au stretching,
– à la culture physique,
– et parfois à une logique presque athlétique.

Le problème est qu’un glissement s’est produit :

la pratique intérieure est parfois devenue une recherche esthétique ou sensorielle.

Le corps est alors progressivement utilisé pour :
– ressentir davantage,
– aller plus loin,
– s’ouvrir davantage,
– repousser les limites,
– obtenir des sensations plus fortes.

Or le vivant ne fonctionne pas sur une logique de dépassement permanent.

Le piège moderne : associer ouverture et santé

C’est probablement l’un des plus grands malentendus actuels.

Dans l’imaginaire moderne :
souplesse = fluidité = santé = liberté intérieure.

Mais physiologiquement, ce raccourci est faux.

Une articulation saine n’est pas une articulation extrêmement ouverte.

Une articulation saine est une articulation :
– mobile,
– stable,
– contrôlée,
– tonique,
– adaptable.

Lorsque la recherche d’ouverture devient excessive, certaines personnes finissent par :
– étirer leurs ligaments,
– perdre du maintien,
– comprimer certaines zones,
– déplacer les contraintes ailleurs,
– ou créer une hypermobilité chronique.

Le corps devient plus “ouvert”…
mais parfois moins cohérent.

La lecture Yin Yang du corps et du mouvement

Le Yin Yang n’est pas une opposition morale entre “bon” et “mauvais”.

C’est une dynamique d’équilibre.

Le Yang représente notamment :
– la structure,
– le maintien,
– la tonicité,
– la stabilité,
– la capacité de contenir.

Le Yin représente notamment :
– le relâchement,
– l’ouverture,
– la fluidité,
– la souplesse,
– la capacité de laisser circuler.

Le problème n’est jamais le Yin ou le Yang en eux-mêmes.

Le problème apparaît lorsqu’un pôle devient excessif.

Dans certaines pratiques modernes du yoga, on observe parfois :
un excès de Yin dans les tissus sans suffisamment de Yang pour maintenir l’intégrité mécanique.

Le corps devient alors :
– très ouvert,
– très mobile,
– très souple,
mais aussi parfois :
– instable,
– fatigué,
– douloureux,
– ou incapable de contenir correctement les contraintes.

Quand l’excès de Yin finit par fragiliser les tissus

Dans la vision taoïste, un excès de relâchement finit paradoxalement par affaiblir la capacité d’adaptation.

Lorsque tout devient ouverture :
– les ligaments perdent leur tension,
– les articulations se stabilisent moins bien,
– le système nerveux doit compenser davantage,
– les muscles travaillent en permanence pour “tenir” le corps.

Certaines personnes deviennent alors extrêmement souples…
mais ressentent :
– fatigue chronique,
– douleurs diffuses,
– sensation d’effondrement,
– difficulté à récupérer,
– ou instabilité corporelle.

Le paradoxe est important :
ce qui donne une sensation immédiate de libération peut parfois diminuer la stabilité profonde du système.

Pourquoi certaines personnes rigides cherchent l’ouverture

Certaines personnes très contrôlées intérieurement, anxieuses ou tendues peuvent être attirées par des pratiques procurant une sensation d’ouverture ou de relâchement.

Ce n’est pas une règle absolue.
Mais c’est une observation fréquente.

Parfois, la pratique devient inconsciemment une tentative de :
– sortir d’une tension intérieure,
– “ouvrir” quelque chose,
– retrouver une sensation de fluidité,
– ou compenser une rigidité psychique.

Le problème est que le corps n’est pas un verrou mécanique.

Une personne intérieurement tendue n’a pas toujours besoin de plus d’ouverture.

Elle a parfois davantage besoin :
– d’ancrage,
– de sécurité,
– de respiration,
– de stabilité nerveuse,
– et de capacité à contenir.

Autrement dit :
certaines personnes cherchent du Yin…
alors qu’elles manquent surtout d’un Yang stable et structurant.

Cette logique rejoint aussi les mécanismes observés dans :
– la fatigue chronique,
– le burn-out,
– certaines dysrégulations du système nerveux,
– ou les troubles du sommeil.

Lire aussi :
– Fatigue chronique et cohérence du vivant
– Burn-out et rigidification du système
– Sommeil et récupération nerveuse

Hypermobilité, fatigue et système nerveux

On observe parfois un lien entre :
– hypermobilité,
– anxiété,
– hypersensibilité,
– fatigue chronique,
– dysrégulation nerveuse,
– et difficulté d’adaptation.

Certaines personnes très souples présentent aussi :
– une fatigue importante,
– des douleurs diffuses,
– une sensation d’instabilité,
– ou une difficulté à récupérer après effort.

Le problème n’est pas la mobilité elle-même.

Le problème apparaît lorsque le système perd sa capacité d’autorégulation.

Le corps ne fonctionne jamais de manière isolée.
La stabilité articulaire, le tonus musculaire, la récupération nerveuse et les rythmes biologiques sont profondément reliés.

Les 5 Tibétains : une approche différente du mouvement

C’est précisément pour cette raison que certaines pratiques simples et structurées peuvent parfois être plus cohérentes que des recherches permanentes de souplesse extrême.

Les 5 Tibétains, que j’intègre dans le programme Cohérence 21, représentent une approche très différente du mouvement.

Leur logique n’est pas :
– de pousser les amplitudes,
– de forcer l’ouverture,
– ou de rechercher la performance corporelle.

Ils reposent davantage sur :
– la circulation,
– le rythme,
– la respiration,
– la coordination,
– le réveil progressif du corps,
– et la remise en mouvement globale du système.

Dans une lecture Yin Yang, les 5 Tibétains gardent davantage un équilibre entre :
– mouvement et structure,
– ouverture et tonicité,
– activation et relâchement.

Le but n’est pas d’aller toujours plus loin.

Le but est de redonner au corps sa capacité d’adaptation et de circulation.

Chez certaines personnes fatiguées, rigides ou désorganisées nerveusement, cette approche peut parfois être beaucoup plus cohérente qu’une recherche intensive d’étirement.

C’est précisément l’objectif du programme Cohérence 21 — 21 jours pour remettre votre corps dans un fonctionnement juste.

La cohérence du vivant dépasse le yoga

La cohérence du vivant désigne la capacité du corps à maintenir un équilibre dynamique entre ses fonctions biologiques, ses rythmes, son environnement et son adaptation.

Cette logique dépasse largement le yoga.

Elle concerne :
– le sommeil,
– le mouvement,
– le stress,
– l’alimentation,
– la récupération,
– les émotions,
– et le fonctionnement global du système nerveux.

Un corps cohérent n’est ni rigide…
ni totalement relâché.

Il garde une capacité permanente d’adaptation.

Cette logique de cohérence concerne l’ensemble du vivant :
– le sommeil,
– le mouvement,
– l’alimentation,
– la récupération,
– le stress,
– et les capacités d’adaptation du corps.

Pages complémentaires :
– Cohérence du vivant
– Inflammation chronique et terrain inflammatoire
– Fatigue chronique et récupération
– Sommeil et rythmes biologiques

Retrouver un mouvement cohérent

Le mouvement retrouve son intérêt lorsqu’il redevient :
– vivant,
– adaptable,
– respiré,
– conscient,
– structuré,
– et non une recherche permanente d’amplitude.

Le problème n’est donc pas le yoga.

Le problème apparaît lorsque la pratique perd son équilibre Yin Yang :
trop d’ouverture sans structure,
trop de relâchement sans maintien,
trop de fluidité sans cohérence mécanique.

Le vivant fonctionne toujours par équilibre dynamique.

Et parfois, vouloir ouvrir toujours davantage le corps finit paradoxalement par le désorganiser.

FAQ

Le yoga peut-il fragiliser les articulations ?

Oui, surtout lorsque la pratique pousse constamment les amplitudes articulaires ou entretient une hypermobilité excessive sans stabilité musculaire suffisante.

La souplesse est-elle forcément bénéfique ?

Non. Une souplesse excessive peut parfois réduire la stabilité articulaire et fatiguer le système nerveux.

Quel est le lien entre Yin Yang et le yoga ?

Dans une lecture Yin Yang, le corps doit maintenir un équilibre entre ouverture et structure. Trop de Yin dans les tissus peut créer une perte de maintien et de cohérence mécanique.

Pourquoi certaines personnes très souples se sentent-elles fatiguées ?

Parce qu’un corps très ouvert peut demander davantage d’efforts de stabilisation musculaire et nerveuse en permanence.

Peut-on pratiquer le yoga de manière plus cohérente ?

Oui. En privilégiant :
– la respiration,
– le contrôle moteur,
– les amplitudes modérées,
– le renforcement,
– l’écoute du corps,
– et l’équilibre entre mobilité et stabilité.

Sébastien Lievre est praticien en santé taoïste chinoise et naturopathie, avec plus de 20 ans d’expérience dans l’accompagnement du terrain biologique.

Il a développé le concept de cohérence du vivant, qui désigne la capacité du corps à maintenir un équilibre dynamique entre ses fonctions, ses rythmes et son environnement.