
La sexualité est probablement l’un des endroits où le Yin et le Yang deviennent les plus faciles à observer et à ressentir.
Il y a l’impulsion et l’accueil.
Le mouvement et l’immobilité.
La tension et le relâchement.
La pénétration et la réception.
L’excitation qui monte, l’orgasme, puis parfois la disparition du désir.
Dans la lecture proposée ici, une phrase résume une grande partie de cette dynamique :
Le Yang porte l’impulsion de la vie ; le Yin lui donne l’espace et la matière dans lesquels elle peut prendre forme.
Cette manière d’aborder la sexualité s’inscrit dans la lecture développée plus largement dans la page Yin et Yang : comprendre les deux forces du vivant.
La sexualité devient alors beaucoup plus qu’une recherche de plaisir ou d’orgasme.
Elle devient l’une des manifestations les plus puissantes de cette danse permanente du vivant.
Sommaire
- Qu’est-ce que la sexualité taoïste ?
- Les arts de la chambre : une tradition ancienne à regarder avec recul
- Du Un au Deux : l’apparition du Yin et du Yang
- Le Yang porte l’impulsion de la vie
- Homme Yang et femme Yin : attention à ne pas rigidifier
- Faire l’amour, c’est changer de polarité
- Sexualité Yang : courte, intense et animale
- Sexualité Yin : entrer dans une sexualité plus diffuse
- Le désir féminin : retrouver l’espace dans lequel il peut apparaître
- Sexualité féminine : désir, excitation et lubrification
- Sécheresse vaginale et ménopause
- Comment améliorer la sexualité féminine ?
- Le désir féminin a lui aussi besoin de Yang
- Sexualité, couple et différence de potentiel
- Sexualité masculine Orgasme et éjaculation : faut-il toujours aller jusqu’au bout ?
- Plusieurs orgasmes plutôt qu’un seul sommet
- Stress, activité physique et consommation du Yang
- Pour retrouver le Yang sexuel, il faut parfois retrouver le Yin
- L’érection : un phénomène Yang qui commence par du Yin
- Comment maintenir une bonne érection avec l’âge ?
- Viagra et tadalafil : soutenir l’érection sans oublier le terrain
- La reproduction : quand l’impulsion rencontre la matière
- Notre société est-elle devenue sexuellement trop Yang ?
- Kali Yuga : faire dialoguer deux traditions sans les confondre
- Sexualité taoïste et Tantra : quelles différences ?
- La cohérence du vivant appliquée à la sexualité
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que la sexualité taoïste ?
La sexualité taoïste ne correspond pas à une doctrine unique ni à une méthode sexuelle précise.
La Chine ancienne a développé différents ensembles de pratiques concernant la sexualité, parmi lesquels les fangzhong shu (房中術), généralement traduits par « arts de la chambre ».
Ces pratiques ont été intégrées à un univers beaucoup plus vaste comprenant notamment le yangsheng, littéralement « nourrir la vie ».
Alimentation, respiration, activité physique, repos, sexualité et préservation de la vitalité pouvaient ainsi être considérés comme différents aspects d’une même manière de conduire sa vie.
La sexualité n’était donc pas nécessairement séparée de la santé et du reste de l’existence.
Cette vision rejoint la cohérence du vivant : comprendre un organisme non comme une juxtaposition de fonctions indépendantes, mais comme un ensemble de rythmes, d’échanges et d’adaptations qui s’influencent continuellement.
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Comment votre désir apparaît-il ? Avez-vous davantage tendance à aller vers l’autre ou à recevoir son mouvement ? Que se passe-t-il lorsque vous êtes fatigué, très actif, stressé ou lorsque votre relation évolue ?
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Les arts de la chambre : une tradition ancienne à regarder avec recul
Il serait cependant trompeur de présenter les textes anciens chinois comme des manuels modernes de sexualité égalitaire.
Certains sont issus d’univers sociaux très masculins.
La femme peut notamment y apparaître comme porteuse d’une énergie Yin dont l’homme cherche à bénéficier, tandis qu’une grande attention est accordée à la préservation du jing masculin et à la maîtrise de l’éjaculation.
Il ne s’agit donc pas d’idéaliser systématiquement les textes anciens parce qu’ils sont anciens.
Cette asymétrie historique ne doit pas être reproduite telle quelle dans une lecture contemporaine du Yin et du Yang.
Ce qui reste particulièrement intéressant est l’intuition fondamentale qui traverse ces pratiques :
la sexualité mobilise les forces du vivant et peut donc être observée comme un mouvement de Yin et de Yang.
La tradition nous donne une grille.
Notre expérience et notre compréhension contemporaine permettent ensuite de la questionner, de l’affiner et parfois de la corriger.
Du Un au Deux : l’apparition du Yin et du Yang
Le chapitre 42 du Dao De Jing contient cette formule célèbre :
Le Dao engendre Un.
Un engendre Deux.
Deux engendre Trois.
Trois engendre les dix mille êtres.
Le Deux correspond à l’apparition de la polarité Yin-Yang.
Dans la lecture proposée ici, le Un peut représenter cette unité première à partir de laquelle la polarisation devient possible.
Dès qu’apparaissent deux pôles, une différence de potentiel existe.
Et lorsqu’il existe une différence de potentiel, quelque chose peut se mettre en mouvement.
Quelque chose peut aller vers autre chose.
Quelque chose peut attirer.
Quelque chose peut recevoir.
Quelque chose peut se transformer.
La sexualité est l’une des expressions les plus évidentes de cette dynamique.
La différence de potentiel ne concerne d’ailleurs pas uniquement le désir sexuel ou la relation de couple.
Nous retrouvons exactement le même mécanisme dans le monde émotionnel. Plus nous éloignons intérieurement deux pôles — désir et refus, reconnaissance et rejet, justice et injustice, proximité et distance — plus la tension entre eux peut devenir importante.
L’émotion peut alors être observée comme la manifestation de cette tension intérieure. J’approfondis spécifiquement ce mécanisme dans Yin-Yang et émotions : comprendre la colère, la tristesse et nos conflits intérieurs.
Sexualité, couple et émotions ne constituent donc pas nécessairement trois mondes indépendants. Ils peuvent être différentes manifestations des mêmes mouvements d’attraction, de répulsion et de polarisation.
Le Yang porte l’impulsion de la vie
Le Yang va vers.
Il initie.
Il met en mouvement.
Il manifeste.
Le Yin reçoit, accueille, contient et permet à ce mouvement de prendre forme.
C’est pour cela que je résume cette relation par cette phrase :
Le Yang porte l’impulsion de la vie ; le Yin lui donne l’espace et la matière dans lesquels elle peut prendre forme.
Dans une relation sexuelle entre un homme et une femme, cette polarité peut apparaître de manière assez évidente dans la pénétration.
L’un va vers.
L’autre accueille.
Cela peut également contribuer à comprendre pourquoi, dans beaucoup de relations hétérosexuelles, l’homme initie fréquemment le mouvement sexuel.
Mais il serait très dangereux d’en faire une loi.
Car dès qu’une femme va vers son partenaire, le provoque, l’invite ou prend l’initiative, elle exprime elle-même une dynamique Yang.
Et lorsqu’un homme cesse de conduire le mouvement, attend, écoute, accueille les sensations ou se laisse guider par sa partenaire, il exprime davantage son Yin.
Homme Yang et femme Yin : attention à ne pas rigidifier
Dire que la femme est Yin et l’homme Yang constitue donc une simplification.
Le Yin et le Yang ne décrivent pas deux sexes.
Ils décrivent des dynamiques.
Un homme contient du Yin.
Une femme contient du Yang.
Et surtout, chacun passe constamment de l’un à l’autre.
C’est l’un des principes que je développe également dans Couple et sexualité : comprendre la relation avec le Yin et le Yang.
Dans le couple comme dans la sexualité, le problème commence souvent lorsque les rôles se figent.
L’homme devrait toujours initier.
Toujours pénétrer.
Toujours être dur.
Toujours savoir quoi faire.
Toujours maintenir son désir.
Et la femme devrait toujours recevoir.
Toujours attendre.
Toujours être sensible.
Toujours suivre.
C’est précisément cette rigidification qui devient contraire à une lecture dynamique du Yin et du Yang.
Faire l’amour, c’est changer de polarité
Une relation sexuelle peut commencer très Yang.
Le désir surgit.
Les corps se rapprochent rapidement.
La pénétration commence.
Le mouvement devient puissant.
Puis tout peut ralentir.
L’un attend.
L’autre reprend l’initiative.
Les corps restent immobiles.
On caresse.
On écoute.
L’excitation redescend légèrement.
Puis quelque chose repart.
Yang → Yin → Yang → Yin.
Et à l’intérieur de chacune de ces phases existent encore d’autres nuances.
C’est cette alternance qui donne toutes les couleurs à la relation sexuelle.
Une sexualité réellement vivante n’est donc pas nécessairement une sexualité parfaitement équilibrée.
Elle est surtout une sexualité qui reste capable de changer de polarité.
Sexualité Yang : courte, intense et animale
Il existe une sexualité à dominante Yang.
Elle est généralement directe, physique, rapide et instinctive.
Elle peut avoir quelque chose de profondément animal.
L’excitation monte rapidement.
La pénétration prend une place importante.
Le mouvement s’accélère.
Tout converge vers un sommet.
Désir → érection → pénétration → accélération → orgasme → éjaculation → arrêt.
Cette sexualité n’a rien de mauvais.
Elle peut être exactement ce dont deux partenaires ont envie à cet instant.
Elle peut être extrêmement intense et profondément satisfaisante.
Le problème apparaît lorsqu’elle devient la seule sexualité que l’on sache vivre.
La performance, la dureté de l’érection, la pénétration et l’orgasme deviennent alors progressivement les critères permettant de déterminer si le rapport sexuel a été réussi.
Sexualité Yin : entrer dans une sexualité plus diffuse
Une sexualité davantage Yin possède une autre temporalité.
Elle peut être beaucoup plus longue.
Plus diffuse.
Plus sensible.
Le corps entier retrouve son importance.
La pénétration n’est plus nécessairement le centre du rapport.
Les caresses, l’immobilité, la respiration, le toucher, l’attente et la perception de l’autre prennent davantage de place.
L’excitation peut monter.
Puis diminuer.
Puis revenir.
On peut s’arrêter sans avoir échoué.
On peut rester longtemps dans une excitation modérée sans chercher immédiatement à atteindre un orgasme.
La sexualité cesse alors de ressembler à une montagne avec un sommet à atteindre.
Elle devient une succession de vagues.
Ces qualités peuvent traditionnellement être rapprochées du féminin et du Yin : réceptivité, sensibilité, diffusion, lenteur.
Mais elles n’appartiennent évidemment pas exclusivement aux femmes.
Un homme peut développer une sexualité extrêmement Yin.
Une femme peut exprimer une sexualité très Yang.
Sexualité féminine
Le désir féminin : retrouver l’espace dans lequel il peut apparaître
La diminution du désir chez la femme ne peut pas être réduite à une question hormonale, pas plus qu’elle ne peut être expliquée uniquement par l’âge ou la ménopause.
Il faut aussi regarder dans quelles conditions le désir est censé apparaître.
Dans une lecture Yin-Yang, le désir possède une dimension Yang : il est une impulsion, un mouvement qui porte vers l’autre.
Mais cette impulsion a besoin d’un espace dans lequel apparaître.
Le Yang porte l’impulsion de la vie ; le Yin lui donne l’espace et la matière dans lesquels elle peut prendre forme.
Cette phrase prend ici tout son sens.
Une femme constamment sollicitée, pressée, préoccupée, chargée mentalement ou obligée d’être dans l’action peut finir par disposer de très peu d’espace intérieur pour laisser apparaître son désir.
Travail, enfants, organisation de la maison, responsabilités, sollicitations numériques, activité physique, impératifs sociaux : une grande partie de la journée peut être vécue dans l’action.
Dans la grille Yin-Yang proposée ici, on pourrait parler d’un Yang continuellement mobilisé.
Le paradoxe est intéressant : être constamment dans l’action ne signifie pas nécessairement disposer de davantage de Yang sexuel. Une mobilisation excessive peut au contraire conduire à la fatigue, au retrait et à la disparition de l’impulsion vers l’autre.
Pour que le désir puisse repartir vers l’autre, encore faut-il qu’il reste suffisamment de mouvement disponible.
Quand le Yang de l’homme prend trop de place
Il existe également une autre dynamique : celle d’un partenaire qui apporte lui-même beaucoup de Yang dans la relation sexuelle.
Il sollicite.
Il demande.
Il prend fréquemment l’initiative.
Il touche avec une intention sexuelle presque systématique.
Il attend une réponse.
Il peut parfois insister lorsque cette réponse n’arrive pas.
La sexualité peut alors progressivement être vécue comme une pression plutôt que comme une rencontre.
Ce qui était initialement une impulsion Yang susceptible d’éveiller une réponse peut finir par provoquer l’effet inverse : le retrait.
Plus l’un avance, plus l’autre recule.
Plus l’un réclame, plus le désir spontané de l’autre risque de perdre son espace.
Cela ne signifie pas que « la femme est Yin et doit recevoir ». C’est justement l’inverse.
Un Yang qui occupe tout l’espace peut empêcher le Yang de l’autre d’apparaître.
Le désir féminin ne consiste pas seulement à répondre au désir masculin.
Une femme a elle aussi besoin de pouvoir désirer, initier, aller vers, surprendre, prendre et conduire le mouvement.
Pour que ce Yang féminin puisse apparaître, il faut parfois que l’autre cesse momentanément d’avancer.
Il redevient alors davantage Yin : il attend, reçoit, écoute et laisse venir.
On retrouve une nouvelle fois cette danse des polarités dans laquelle aucun des deux partenaires n’est définitivement enfermé dans un rôle.
Le désir commence parfois bien avant la chambre
La sexualité ne commence pas nécessairement au moment où deux personnes entrent dans un lit.
Une femme qui a eu le sentiment pendant toute la journée de devoir porter seule les enfants, l’organisation, les décisions ou une grande partie de la vie quotidienne ne change pas nécessairement d’état simplement parce que son partenaire manifeste soudainement son désir le soir.
Le manque d’attention ou de compréhension dans le quotidien peut également modifier progressivement la relation.
L’écoute, le partage des responsabilités, la tendresse sans attente sexuelle et la capacité à percevoir l’état de l’autre participent au contexte dans lequel le désir pourra — ou non — apparaître.
Il faut néanmoins éviter un raccourci.
Partager davantage les responsabilités ou être plus attentionné n’est pas une technique permettant d’obtenir davantage de sexualité.
Ce serait encore une transaction.
Il s’agit plutôt de comprendre que la sexualité appartient à une relation beaucoup plus vaste.
La personne avec laquelle on fait l’amour le soir est la même que celle avec laquelle on a vécu toute la journée.
C’est ici que sexualité et dynamique du couple se rejoignent. Cette question est développée plus largement dans Le Yin et le Yang en amour : couple, désir et sexualité.
Après les enfants : retrouver la femme derrière la mère
La naissance d’un enfant constitue l’un des bouleversements les plus importants de la vie sexuelle d’un couple.
Grossesse, accouchement, récupération physique, modifications hormonales, allaitement éventuel, sommeil fragmenté, fatigue, nouveau rapport au corps et attention constamment tournée vers l’enfant peuvent profondément modifier le désir.
Mais une transformation plus subtile peut également apparaître.
Une grande partie de l’attention de la femme est désormais dirigée vers nourrir, protéger, contenir, répondre et prendre soin.
Dans une lecture Yin-Yang, la maternité mobilise énormément certaines qualités associées au Yin nourricier, tout en demandant paradoxalement une quantité considérable de Yang dans le quotidien :
se lever,
porter,
organiser,
travailler,
décider,
répondre,
agir.
Une femme peut ainsi être fortement sollicitée dans les deux polarités.
Il ne suffit donc pas de lui demander de « retrouver sa libido ».
Il faut parfois que réapparaisse progressivement un espace dans lequel elle n’est plus uniquement mère, organisatrice ou personne dont quelqu’un a besoin.
Un espace dans lequel elle peut retrouver son corps pour elle-même.
Et progressivement redevenir un être désirant, capable non seulement de répondre au désir de l’autre, mais d’éprouver à nouveau son propre mouvement vers lui.
Cela peut demander du temps.
Retrouver le désir plutôt que l’exiger
C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants du Yin et du Yang appliqués à la sexualité.
Le désir ne répond pas toujours à la volonté.
On ne peut pas simplement décider d’avoir envie.
Et plus le désir devient une obligation —
« nous ne faisons plus assez l’amour »,
« tu ne me désires plus »,
« avant nous faisions davantage l’amour » —
plus la pression exercée autour de la sexualité peut participer à sa disparition.
Il faut parfois faire exactement l’inverse :
retirer l’objectif,
retrouver le toucher sans obligation de pénétration,
retrouver une tendresse qui ne constitue pas systématiquement le début d’un rapport,
retrouver du temps,
retrouver son propre corps,
laisser de l’espace à l’autre,
et permettre au désir de redevenir un mouvement spontané vers l’autre plutôt qu’une réponse attendue.
Dans cette perspective, retrouver une sexualité féminine vivante ne consiste pas nécessairement à chercher immédiatement comment « augmenter la libido ».
Il s’agit parfois d’abord de recréer les conditions dans lesquelles le désir peut de nouveau apparaître.
Et lorsque le désir est présent mais que le corps ne répond plus de la même manière — moins de lubrification, inconfort, douleurs, modifications liées à la ménopause — une autre question commence.
Car désirer et lubrifier ne sont pas exactement la même chose.
Sexualité féminine : désir, excitation et lubrification
Chez la femme aussi, la réponse sexuelle possède une dimension vasculaire importante.
Lors de l’excitation, l’augmentation de la circulation génitale participe notamment à la lubrification.
Dans une lecture Yin-Yang, le parallèle est séduisant :
liquide, humidification, accueil, ouverture → Yin.
Il s’agit ici d’une correspondance symbolique : elle ne doit pas être transformée en diagnostic physiologique. Une faible lubrification ne signifie ni automatiquement un manque de Yin ni un manque de désir.
Mais il faut immédiatement éviter un raccourci.
Une femme qui lubrifie peu ne manque pas nécessairement de désir.
Et une réponse génitale ne signifie pas automatiquement qu’elle désire sexuellement la situation.
Désir subjectif, excitation psychique et réponse génitale sont liés sans être identiques.
Le corps n’est pas un interrupteur.
Le liquide est lié à l’excitation, mais il ne raconte pas toute l’histoire
L’augmentation de la circulation génitale participe normalement à la réponse d’excitation et à la lubrification.
Mais cela ne permet pas de conclure :
« elle lubrifie donc elle désire »
ou à l’inverse :
« elle est sèche donc elle ne désire pas ».
Le désir, l’excitation mentale, la réponse vasculaire, les hormones, l’état des tissus génitaux et le contexte relationnel participent tous à l’expérience sexuelle.
Cela rejoint d’ailleurs un principe essentiel de ma lecture du Yin et du Yang :
ce que nous observons n’est pas toujours la cause de ce qui se passe.
Sécheresse vaginale et ménopause
Cette distinction devient particulièrement importante à la périménopause et à la ménopause.
Les modifications hormonales peuvent progressivement modifier les tissus vulvovaginaux et favoriser :
sécheresse,
irritations,
brûlures,
inconfort,
diminution de la lubrification,
douleurs pendant la pénétration.
Une femme peut donc avoir profondément envie de son partenaire tout en connaissant une sécheresse vaginale.
Il serait faux de résumer systématiquement cette sécheresse à un manque de désir ou à un « manque de Yin ».
Comment améliorer la sexualité féminine lorsque la lubrification diminue ?
Il existe plusieurs niveaux.
Le premier est simplement le temps.
Certaines femmes ont besoin d’une période d’excitation plus longue avant que leur réponse génitale soit pleinement installée.
Cela implique parfois de sortir d’un scénario sexuel trop rapidement orienté vers la pénétration.
Toucher.
Caresses.
Proximité.
Jeu.
Paroles.
Imaginaire.
Lenteur.
Absence d’objectif immédiat.
Autrement dit, redonner davantage de place au Yin avant de demander au corps d’entrer dans une phase plus Yang.
Mais lorsque les tissus eux-mêmes sont devenus plus secs, notamment après la ménopause, des solutions plus concrètes existent également :
lubrifiants pendant les rapports,
hydratants vaginaux,
évaluation gynécologique lorsque les symptômes persistent,
et, dans certaines situations, traitements locaux hormonaux décidés avec un professionnel de santé.
Une sécheresse persistante, des brûlures ou des rapports douloureux ne doivent pas simplement être interprétés symboliquement à travers le Yin et le Yang.
Ils méritent d’en rechercher la cause.
Le désir féminin a lui aussi besoin de Yang
À l’inverse, toutes les difficultés sexuelles féminines ne sont pas hormonales.
Une femme peut disposer physiologiquement de tout ce qui lui permettrait d’avoir une relation sexuelle et ne plus sentir l’impulsion d’aller vers son partenaire.
Stress.
Fatigue.
Charge mentale.
Difficultés relationnelles.
Manque de sommeil.
Vie constamment tournée vers l’action.
À travers la grille Yin-Yang proposée ici, la question devient alors exactement la même que chez l’homme :
reste-t-il suffisamment de Yang disponible pour aller vers l’autre ?
Le Yang sexuel n’appartient pas à l’homme.
C’est l’impulsion qui nous porte vers l’autre.
Sexualité, couple et différence de potentiel
Le désir naît également d’une différence.
Si tout devient identique, prévisible et figé, la différence de potentiel peut progressivement diminuer.
Cela ne signifie pas qu’il faille créer artificiellement des conflits ou jouer à être « homme Yang » et « femme Yin ».
Au contraire.
La polarité peut changer.
Elle peut circuler.
Un jour l’un initie.
Un autre jour l’autre.
L’un est puissant à un moment puis vulnérable à un autre.
C’est cette circulation qui maintient le mouvement.
J’ai développé plus largement cette question de la polarité relationnelle dans Couple et sexualité : comprendre la relation avec le Yin et le Yang.
La reproduction : quand l’impulsion rencontre la matière
La sexualité nous ramène finalement à l’une des fonctions fondamentales du vivant : la reproduction.
Le Yang porte l’impulsion.
Le Yin lui donne l’espace et la matière dans lesquels cette impulsion peut prendre forme.
Cela ne signifie évidemment pas que toute sexualité ait pour but la reproduction.
Mais la sexualité porte en elle cette dynamique fondamentale du vivant :
aller vers → rencontrer → accueillir → transformer → créer.
Lorsque deux polarités se rencontrent, quelque chose apparaît qui n’appartient plus totalement à aucune des deux.
Lorsqu’il y a fécondation, ce sera un nouvel être.
Mais même sans reproduction, la rencontre crée déjà quelque chose :
la relation elle-même.
Sexualité de l’homme
Orgasme et éjaculation : faut-il toujours aller jusqu’au bout ?
L’expérience de la sexualité masculine permet d’observer deux temporalités très différentes.
L’orgasme accompagné d’une éjaculation peut constituer un sommet particulièrement intense, mais il est généralement suivi d’une diminution importante de l’excitation sexuelle et d’une période réfractaire plus ou moins longue.
Il est également possible, chez certains hommes, d’explorer une sexualité dans laquelle l’orgasme n’est pas systématiquement accompagné d’une éjaculation. Les sensations orgasmiques peuvent alors être moins intenses que lors de l’éjaculation, mais le désir peut rester davantage présent et permettre à l’excitation de repartir.
Une nouvelle vague devient possible. Puis parfois une autre.
Cela conduit à une question intéressante :
l’intensité maximale d’un orgasme est-elle réellement le meilleur critère permettant d’évaluer la richesse d’une relation sexuelle ?
Plusieurs orgasmes plutôt qu’un seul sommet
Une autre manière d’envisager la sexualité masculine consiste à ne plus évaluer l’expérience uniquement à partir de l’intensité de son point culminant.
Plusieurs orgasmes d’intensité moindre, lorsque l’éjaculation n’interrompt pas immédiatement le cycle d’excitation, peuvent parfois constituer une expérience globale subjectivement plus riche qu’un seul orgasme extrêmement puissant.
Il ne s’agit évidemment pas d’une addition physiologique mesurable des orgasmes. Il s’agit d’une autre manière d’envisager leur temporalité.
Au lieu de :
montée → sommet → chute
il devient possible d’explorer :
montée → orgasme → diminution → maintien du désir → nouvelle montée → nouvel orgasme.
La sexualité devient ronde plutôt que pointue.
Elle passe du pic à la vague.
Orgasme et éjaculation ne sont pas exactement la même chose
Chez l’homme, orgasme et éjaculation sont fortement associés, mais ce ne sont pas exactement les mêmes phénomènes physiologiques.
Après l’orgasme et l’éjaculation apparaît généralement une période réfractaire durant laquelle le désir et la capacité à obtenir une nouvelle érection diminuent plus ou moins fortement.
Cette période varie beaucoup d’un homme à l’autre et évolue notamment avec l’âge.
La distinction entre orgasme et éjaculation permet donc d’explorer une sexualité masculine où le point culminant n’entraîne pas nécessairement immédiatement la fermeture du cycle.
Pour retrouver le Yang sexuel, il faut parfois retrouver le Yin
Notre époque sollicite énormément notre capacité d’action.
Travail.
Transport.
Sport.
Décisions.
Téléphone.
Informations.
Problèmes financiers.
Charge familiale.
Pression professionnelle.
Sollicitations permanentes.
Nous pouvons arriver le soir avec l’idée que nous aimerions avoir une sexualité épanouissante alors que nous avons passé toute notre journée à utiliser notre capacité de mouvement vers l’extérieur.
Cela concerne l’homme comme la femme.
Un homme peut ne plus ressentir l’impulsion d’aller vers sa partenaire.
Une femme peut ne plus ressentir l’impulsion d’aller vers son partenaire.
Et essayer de forcer davantage ne résout pas nécessairement le problème.
Il faut parfois commencer par faire exactement l’inverse.
S’arrêter.
Dormir.
Ralentir.
Ne plus produire.
Ne plus décider.
Ne plus performer.
Retrouver du Yin.
Pour retrouver du Yang, il faut parfois arrêter d’en dépenser.
Cette alternance est au cœur de la cohérence du vivant : la capacité d’un organisme à ne pas rester enfermé dans un fonctionnement mais à retrouver l’état complémentaire dont il a besoin.
Retrouver du Yang sexuel commence parfois bien avant la sexualité
Lorsqu’un homme rencontre des difficultés d’érection ou lorsqu’une femme ne ressent plus beaucoup de désir, nous avons tendance à chercher une solution directement dans la sexualité.
Mais le problème peut avoir commencé bien avant d’entrer dans la chambre.
Une personne qui dort mal, travaille sous tension, récupère insuffisamment, mange de manière désorganisée, bouge trop peu ou au contraire sollicite constamment son organisme peut simplement ne plus disposer de la même capacité à aller vers l’autre.
La question n’est alors plus seulement :
comment retrouver davantage de désir ?
Elle devient :
comment reconstruire les conditions permettant au désir de réapparaître ?
C’est précisément l’un des principes que je développe dans Cohérence 21 : ne pas travailler uniquement sur un symptôme isolé, mais remettre de la cohérence dans le terrain et dans le quotidien.
La sexualité n’est pas séparée du reste du corps.
L’organisme qui travaille, digère, dort, marche, affronte le stress et récupère est le même que celui auquel nous demandons ensuite de désirer, de lubrifier, d’obtenir une érection et de connaître un orgasme.
Entretenir sa sexualité avec l’âge consiste donc aussi à entretenir les conditions qui permettent au vivant de conserver son mouvement.
L’érection : un phénomène Yang qui commence par du Yin
L’érection masculine offre probablement l’une des illustrations physiologiques les plus intéressantes de cette dynamique.
Visuellement, une verge en érection paraît extrêmement Yang.
Elle augmente de volume.
Elle devient ferme.
Rigide.
Capable de pénétrer.
Le parallèle avec le Yang semble évident.
Pourtant, sa physiologie raconte quelque chose de beaucoup plus subtil.
Pour que les corps caverneux puissent se remplir de sang, leurs muscles lisses doivent initialement se relâcher.
Le monoxyde d’azote participe à une cascade physiologique qui augmente le GMP cyclique, favorise cette relaxation et permet l’afflux sanguin nécessaire à l’érection.
La rigidité apparaît donc à partir d’un relâchement préalable.
Pour devenir dur, le sexe doit d’abord savoir se relâcher.
La physiologie offre ici une correspondance particulièrement intéressante avec la lecture Yin-Yang : la manifestation Yang de la rigidité nécessite d’abord un relâchement que l’on peut associer au Yin.
Chercher davantage de Yang en ajoutant toujours plus de tension peut donc parfois produire exactement l’effet inverse.
L’anxiété de performance : trop vouloir être Yang
Chez certains hommes, la peur de perdre leur érection peut devenir elle-même une partie du problème.
Suis-je suffisamment dur ?
Est-ce que cela va durer ?
Est-ce que ma partenaire est satisfaite ?
Est-ce que je vais encore pouvoir avoir une érection ?
La sexualité devient un examen.
L’homme reste dans le contrôle.
Il surveille son sexe au lieu de vivre la relation.
Dans une lecture Yin-Yang, on pourrait presque dire qu’il cherche tellement à produire du Yang qu’il ne laisse plus suffisamment de place au Yin nécessaire à son apparition :
relâchement,
réception des sensations,
abandon,
présence.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les troubles érectiles soient psychologiques.
Une difficulté persistante mérite d’être évaluée médicalement, notamment parce que la dysfonction érectile peut être associée à des facteurs cardiovasculaires et métaboliques.
Comment maintenir une bonne érection avec l’âge ?
L’érection dépend de nombreux éléments :
circulation sanguine,
fonction endothéliale,
système nerveux,
hormones,
désir,
médicaments,
état cardiovasculaire et métabolique,
tabac,
alcool,
stress,
état psychologique,
qualité de la relation.
Les muscles du plancher pelvien participent également à la réponse sexuelle masculine.
Les muscles ischiocaverneux et bulbospongieux contribuent notamment à certaines phases de la réponse sexuelle et à la rigidité.
Mais là encore, un muscle fonctionnel ne doit pas seulement savoir se contracter.
Il doit également savoir se relâcher.
Avec l’âge, entretenir sa sexualité signifie donc aussi entretenir l’organisme qui la rend possible.
Une activité physique régulière adaptée, la santé cardiovasculaire et métabolique, le sommeil, l’arrêt du tabac et la réduction des excès d’alcool font partie des éléments sur lesquels il est possible d’agir.
Les recommandations européennes concernant la dysfonction érectile préconisent d’ailleurs de travailler sur les facteurs de risque et le mode de vie parallèlement aux traitements de l’érection.
Lorsqu’une difficulté érectile s’inscrit dans un terrain plus global de fatigue, de mauvais sommeil, de sédentarité, de stress ou de perte de récupération, cette vision d’ensemble est également celle que je travaille dans Cohérence 21.
Viagra et tadalafil : soutenir l’érection sans oublier le terrain
Les médicaments comme le sildénafil, connu notamment sous le nom de Viagra, ou le tadalafil ont profondément modifié la prise en charge des difficultés d’érection.
Il serait simpliste de les opposer à une approche naturelle.
Ces médicaments ne créent pas simplement une érection artificielle.
Les inhibiteurs de PDE5 permettent au GMP cyclique de persister davantage et facilitent ainsi le mécanisme vasculaire de l’érection lorsqu’une stimulation sexuelle existe.
Les recommandations européennes les considèrent comme des traitements de première intention de la dysfonction érectile.
Ils peuvent donc être extrêmement utiles.
Mais leur efficacité ne devrait pas empêcher de poser la question du terrain.
Pourquoi l’érection est-elle devenue moins disponible ?
Est-ce vasculaire ?
Métabolique ?
Hormonal ?
Médicamenteux ?
Psychologique ?
Relationnel ?
Lié au désir ?
Au stress ?
À la fatigue ?
À l’âge ?
Le médicament peut soutenir la fonction.
Il ne répond pas nécessairement à tout ce qui entoure cette fonction.
Stress, activité physique et consommation du Yang
Une activité physique intense permet d’observer très concrètement ce phénomène.
Après plusieurs heures d’un sport exigeant — surf, course, entraînement prolongé ou autre activité mobilisant fortement l’organisme — l’impulsion sexuelle peut être temporairement beaucoup moins présente.
L’organisme n’est pas nécessairement incapable d’avoir une relation sexuelle. C’est parfois simplement le mouvement vers l’autre qui n’apparaît plus avec la même force.
Dans la lecture proposée ici, une partie du Yang disponible a déjà été mobilisée ailleurs.
Il ne s’agit évidemment pas d’affirmer l’existence d’un réservoir physiologique mesurable appelé « Yang ». Il s’agit d’une grille permettant de mettre en relation différentes manifestations de notre capacité d’action.
La question devient alors :
combien de notre capacité à aller vers l’autre avons-nous déjà dépensé ailleurs ?
Notre société est-elle devenue sexuellement trop Yang ?
Notre sexualité ne peut pas être complètement séparée de notre époque.
Nous vivons dans une société fascinée par la vitesse, la stimulation, la performance et le résultat.
Toujours plus vite.
Toujours davantage.
Le moteur à explosion en constitue presque une métaphore :
compression → explosion → propulsion.
Notre sexualité peut reproduire exactement le même modèle :
excitation → tension → orgasme → arrêt.
Mais il faut ici conserver une nuance importante.
L’agitation, la dispersion et l’incapacité à rester centré peuvent également posséder des caractères Yin dans certaines lectures.
Il serait donc trop facile de conclure :
modernité = Yang.
Le problème véritable est plutôt la rigidification du mouvement.
Nous ne savons plus nécessairement passer librement d’un état à son opposé.
Kali Yuga : faire dialoguer deux traditions sans les confondre
Les traditions indiennes possèdent une autre représentation cyclique du monde : celle des Yuga, dont le Kali Yuga constitue le dernier âge.
Kali Yuga et Yin-Yang appartiennent à deux systèmes philosophiques différents et ne doivent donc pas être confondus. Les faire dialoguer peut néanmoins être intéressant lorsqu’il s’agit d’interroger notre rapport contemporain à la matière, à la vitesse, à la stimulation et au silence.
Notre sexualité porte nécessairement les traces du monde dans lequel nous vivons.
La question devient alors :
savons-nous encore ralentir suffisamment pour ressentir ?
Sexualité taoïste et Tantra : quelles différences ?
Le rapprochement entre sexualité taoïste et Tantra est aujourd’hui fréquent.
On rencontre même l’expression « tantra taoïste ».
Historiquement, il faut pourtant être prudent.
Le Tantra s’est développé dans différentes traditions indiennes hindoues et bouddhiques.
Les arts de la chambre et les pratiques sexuelles taoïstes appartiennent à l’histoire chinoise.
Les deux univers peuvent cependant se rencontrer autour de certaines préoccupations :
conscience corporelle,
respiration,
désir,
énergie sexuelle,
maîtrise de l’excitation,
transformation,
relation entre sexualité et conscience.
C’est probablement ce qui explique leur rapprochement moderne.
Comparer ces traditions est passionnant.
Les confondre historiquement le serait beaucoup moins.
La cohérence du vivant appliquée à la sexualité
C’est finalement ici que je retrouve ce que j’appelle la cohérence du vivant.
La cohérence ne signifie pas rester constamment dans un équilibre parfait.
La vie bouge.
Certains jours appellent énormément de Yang.
Une sexualité rapide, animale, pénétrante et intense peut alors être parfaitement cohérente.
À d’autres moments, le corps appelle quelque chose de beaucoup plus Yin :
lenteur,
toucher,
sensibilité,
attente,
réception.
Les deux peuvent être justes.
Le déséquilibre commence lorsque nous perdons notre capacité à changer.
Lorsque l’homme croit devoir constamment être puissant.
Lorsque la femme croit devoir constamment recevoir.
Lorsque l’érection devient une obligation.
Lorsque l’orgasme devient un résultat.
Lorsque l’éjaculation devient systématiquement la ligne d’arrivée.
Ou même lorsque ne pas éjaculer devient une nouvelle performance.
La cohérence consiste à retrouver la liberté du mouvement.
Pouvoir avancer et recevoir.
Accélérer et ralentir.
Être dur et se relâcher.
Désirer et ne pas désirer.
Éjaculer ou maintenir la vague.
Être profondément animal puis extrêmement sensible.
Le Yang porte l’impulsion de la vie ; le Yin lui donne l’espace et la matière dans lesquels elle peut prendre forme.
Et c’est leur danse, beaucoup plus que la victoire de l’un sur l’autre, qui permet à la vie de continuer.
De la compréhension à la pratique : Cohérence 21
Comprendre le Yin et le Yang intellectuellement ne suffit pas toujours.
Le véritable enjeu est d’observer comment nous vivons.
Comment nous dormons.
Comment nous mangeons.
Comment nous récupérons.
Comment nous dépensons notre énergie.
Comment nous alternons activité et repos.
Comment nous nous adaptons au stress.
La sexualité devient alors un indicateur parmi d’autres de la disponibilité générale du vivant.
C’est cette approche globale que je développe dans Cohérence 21 : 21 jours pour travailler concrètement sur les conditions quotidiennes qui participent au terrain, aux rythmes et aux capacités d’adaptation.
L’objectif n’est pas de proposer un « programme pour améliorer les performances sexuelles ».
Il est beaucoup plus large :
remettre de la cohérence dans la vie pour que le corps retrouve davantage de liberté dans ses réponses.
La sexualité peut alors en bénéficier, comme le sommeil, la digestion, l’énergie ou la capacité de récupération.
Questions fréquentes sur la sexualité taoïste
Qu’est-ce que la sexualité taoïste ?
La sexualité taoïste regroupe différents enseignements et pratiques issus ou inspirés des traditions chinoises qui envisagent la sexualité dans une dynamique plus large de Yin-Yang, de vitalité et de transformation. Les anciens fangzhong shu, ou « arts de la chambre », en constituent une partie historique.
Quelle différence entre Tantra et sexualité taoïste ?
Le Tantra est issu de traditions indiennes hindoues et bouddhiques alors que les arts sexuels taoïstes se sont développés en Chine. Certaines pratiques modernes les rapprochent, mais leurs origines philosophiques et historiques sont différentes.
Qu’est-ce que le tantra taoïste ?
« Tantra taoïste » est principalement une expression contemporaine permettant de rapprocher certaines pratiques sexuelles taoïstes et tantriques. Ce n’est pas le nom historique d’une tradition chinoise unique.
Peut-on avoir un orgasme sans éjaculer ?
Orgasme et éjaculation sont habituellement étroitement associés chez l’homme, mais correspondent à des phénomènes physiologiques distincts. Certains hommes rapportent pouvoir connaître des sensations orgasmiques sans éjaculation.
La rétention séminale augmente-t-elle l’énergie ?
Les traditions chinoises ont accordé beaucoup d’importance à la préservation du jing et à la maîtrise de l’éjaculation. Cela ne signifie pas que les affirmations modernes attribuant à la rétention séminale une augmentation systématique de testostérone, d’énergie ou de performances soient scientifiquement démontrées.
Il faut distinguer tradition, expérience personnelle et physiologie démontrée.
Pourquoi le désir diminue-t-il après l’éjaculation ?
Chez beaucoup d’hommes, orgasme et éjaculation sont suivis d’une période réfractaire pendant laquelle l’excitation sexuelle et la capacité à obtenir une nouvelle érection diminuent. Son intensité et sa durée varient considérablement selon les personnes et notamment avec l’âge.
Le stress peut-il provoquer des problèmes d’érection ?
Oui. Le stress et l’anxiété de performance peuvent contribuer aux difficultés érectiles. Mais une dysfonction érectile persistante peut également avoir des causes vasculaires, métaboliques, neurologiques, hormonales ou médicamenteuses. Elle mérite donc d’être évaluée médicalement.
Comment entretenir son érection avec l’âge ?
Il faut regarder au-delà du sexe lui-même : santé cardiovasculaire et métabolique, activité physique, sommeil, tabac, alcool, médicaments, état hormonal, stress, désir et contexte relationnel peuvent tous intervenir.
Viagra et tadalafil sont-ils mauvais pour la santé ?
Ces médicaments ont des indications médicales précises et sont largement utilisés dans le traitement de la dysfonction érectile. Ils ne doivent pas être diabolisés, mais ils possèdent des contre-indications et interactions, notamment avec les dérivés nitrés. Leur utilisation doit donc respecter les recommandations médicales.
Une femme qui manque de lubrification manque-t-elle de désir ?
Non.
Désir subjectif et lubrification ne correspondent pas parfaitement.
La ménopause, certains médicaments, l’état des tissus vulvovaginaux et d’autres facteurs peuvent diminuer la lubrification alors que le désir reste présent.
Comment améliorer la sécheresse vaginale ?
Selon sa cause, davantage de temps consacré à l’excitation, des lubrifiants ou des hydratants vaginaux peuvent aider. Après la ménopause, certains traitements locaux peuvent également être proposés médicalement. Une sécheresse persistante, des brûlures ou des douleurs justifient une consultation.
Une sexualité Yin est-elle meilleure qu’une sexualité Yang ?
Non.
Une sexualité Yang peut être rapide, intense et instinctive.
Une sexualité Yin peut être plus lente, diffuse et sensible.
Le principe n’est pas de choisir l’une contre l’autre mais de conserver la capacité de passer de l’une à l’autre selon le moment, le corps et les partenaires.
Mieux comprendre votre propre Yin et Yang
Cette page utilise le Yin et le Yang comme grille de lecture de la sexualité, mais ces dynamiques se manifestent dans beaucoup d’autres domaines : sommeil, digestion, énergie, émotions, activité physique, alimentation et réactions au stress.
Si vous souhaitez explorer votre propre fonctionnement, vous pouvez utiliser le test Yin-Yang : êtes-vous plutôt Yin ou Yang ?. Il ne s’agit pas de vous enfermer dans une catégorie, mais d’observer les tendances actuelles de votre terrain.
Vous pouvez également découvrir le test des aliments Yin et Yang pour comprendre comment cette même grille peut être appliquée à l’alimentation.
Pour approfondir la philosophie qui relie l’ensemble de ces outils :
Couple et sexualité : comprendre la relation avec le Yin et le Yang
Comprendre la cohérence du vivant
Cohérence 21 : remettre concrètement de la cohérence dans son quotidien
À propos de l’auteur
Sébastien LIEVRE est praticien en santé taoïste chinoise et naturopathie, avec plus de 20 ans d’expérience dans l’accompagnement du terrain biologique.
Il a développé le concept de cohérence du vivant, qui désigne la capacité du corps à maintenir un équilibre dynamique entre ses fonctions, ses rythmes et son environnement.
Sébastien LIEVRE – Santé taoïste chinoise et cohérence du vivant