
Pourquoi certaines personnes enchaînent-elles les rhumes, angines, sinusites, otites ou bronchites alors que d’autres semblent beaucoup mieux résister ?
Pourquoi les enfants peuvent-ils développer une fièvre spectaculaire, être très mal pendant un ou deux jours puis retrouver rapidement leur énergie, tandis que chez certaines personnes une toux, une fatigue ou des problèmes ORL peuvent s’installer pendant plusieurs semaines ?
Pourquoi sommes-nous davantage malades en automne et en hiver ? Et comment expliquer que des problèmes ORL puissent également apparaître en plein été, notamment avec la climatisation ?
La réponse classique consiste à parler des virus, des bactéries, du froid et de l’immunité.
Tout cela est important. Mais une autre question mérite d’être posée :
Pourquoi deux personnes exposées au même environnement ne réagissent-elles pas nécessairement de la même manière ?
C’est ici qu’intervient la notion de terrain.
La physiologie moderne nous permet de comprendre l’infection, l’inflammation, le mucus, la toux ou encore la fièvre.
La lecture Yin-Yang apporte une autre grille : celle de la capacité du corps à mobiliser ses ressources, réagir, éliminer, récupérer puis revenir vers l’équilibre.
Ces deux niveaux ne doivent pas être confondus.
Le Yin et le Yang ne remplacent ni la microbiologie ni l’immunologie. Ils permettent d’observer autrement la manière dont le vivant répond à ce qui lui arrive.
Cette approche rejoint directement ce que j’appelle la cohérence du vivant : notre capacité à nous éloigner momentanément de notre équilibre, puis à y revenir.
Sommaire
- Pourquoi attrape-t-on des rhumes et des infections ORL ?
- Est-ce vraiment le froid qui nous rend malade ?
- Pourquoi tombe-t-on davantage malade en hiver ?
- Pourquoi peut-on être enrhumé en été avec la climatisation ?
- Yin et Yang : les deux grands mouvements du vivant
- Pourquoi l’immunité a-t-elle besoin de Yang ?
- La fièvre : quand le corps produit lui-même du feu
- L’été Yang peut nous pousser vers énormément de Yin
- Alimentation et boissons : quel impact sur notre terrain ?
- Produits laitiers, Humidité et Mucosités
- L’automne : quand le Yang extérieur diminue
- L’hiver : le grand Yin
- Qu’est-ce que le seuil de tolérance du corps ?
- Une maladie aiguë signifie-t-elle que notre corps est faible ?
- Pourquoi les enfants font-ils des maladies si explosives ?
- La cohérence du vivant : la capacité du corps à faire l’élastique
- Pourquoi certaines personnes ne font-elles aucune crise à l’automne ?
- Aigu ou chronique : deux dynamiques différentes
- Rhume, angine, sinusite, otite, laryngite, bronchite : que fait réellement le corps ?
- Quel est le rôle du magnésium ?
- Comment préserver notre capacité d’adaptation ?
- FAQ
Pourquoi attrape-t-on des rhumes et des infections ORL ?
Commençons par une distinction fondamentale.
Un rhume n’est pas provoqué directement par le froid.
La rhinopharyngite est généralement une infection virale. Les angines peuvent être virales ou bactériennes. Certaines otites ou sinusites peuvent apparaître à la suite d’une infection des voies respiratoires supérieures.
Lorsqu’un agent infectieux rencontre nos muqueuses, notre organisme réagit.
Inflammation, augmentation des sécrétions, nez qui coule, éternuements, toux et parfois fièvre font partie de cette réponse.
Il faut donc distinguer :
l’agression, par exemple un virus,
et
la réponse que notre organisme produit face à cette agression.
Une partie de ce que nous appelons « être malade » correspond en réalité à cette réponse.
Cette distinction va être essentielle pour comprendre la suite.
Pourquoi le nez est-il parfois bouché uniquement au réveil ?
Un nez bouché le matin ne signifie pas nécessairement une infection ou une production excessive de mucus. La position allongée, la congestion des muqueuses et les allergies peuvent intervenir. Lorsque les paupières sont également gonflées, d’autres mécanismes peuvent se superposer. Découvrez les causes des yeux gonflés et du nez bouché au réveil.
Est-ce vraiment le froid qui nous rend malade ?
Le froid ne fabrique pas un virus.
Mais cela ne signifie pas que la température n’a aucune importance.
Pendant les périodes froides, nous passons davantage de temps dans des espaces fermés, ce qui facilite la transmission de nombreux agents respiratoires.
Mais il existe également des mécanismes locaux.
Le nez est la première grande interface entre l’air extérieur et nos voies respiratoires. Il doit filtrer, humidifier et réchauffer l’air que nous respirons.
Les muqueuses nasales possèdent également leurs propres mécanismes de défense immunitaire.
Des travaux expérimentaux ont notamment montré que l’exposition au froid peut diminuer certains mécanismes de défense antivirale innée au niveau de l’épithélium nasal.
Voir l’étude sur le froid et l’immunité antivirale nasale – PubMed
Le froid ne « donne » donc pas directement un rhume.
Mais l’environnement dans lequel nos voies respiratoires doivent se défendre peut influencer leurs mécanismes de défense.
Pourquoi tombe-t-on davantage malade en hiver ?
L’hiver réunit plusieurs conditions favorables aux infections respiratoires :
- davantage de vie en intérieur ;
- davantage de proximité entre les personnes ;
- circulation saisonnière de nombreux virus ;
- air intérieur parfois très sec ;
- refroidissement des voies respiratoires supérieures.
Mais cette explication ne répond toujours pas complètement à notre question initiale :
Pourquoi certaines personnes traversent-elles cette période facilement alors que d’autres enchaînent les épisodes ORL ?
Il faut alors s’intéresser non seulement au microbe, mais également au terrain qui le rencontre et à sa capacité de réaction.
Pourquoi peut-on être enrhumé en plein été avec la climatisation ?
Les problèmes ORL ne sont pas réservés à l’hiver.
En été, nous pouvons passer d’une température extérieure de 35 °C à une pièce climatisée à 20 ou 22 °C, puis ressortir quelques minutes plus tard dans une chaleur intense.
La climatisation ne crée pas une infection virale.
En revanche, l’air froid, parfois sec, et les écarts thermiques importants modifient brutalement l’environnement auquel nos voies respiratoires doivent s’adapter.
Et cela nous amène à une notion centrale :
la santé ne dépend pas uniquement de l’environnement. Elle dépend également de notre capacité à nous adapter à ses changements.
C’est précisément l’un des principes que j’explore dans ma lecture de la cohérence du vivant.
Yin et Yang : les deux grands mouvements du vivant
Pour comprendre cette lecture, il faut revenir aux bases.
Le Yang : le feu, la chaleur et le mouvement
Le Yang représente notamment :
- la chaleur ;
- le mouvement ;
- l’activité ;
- la transformation ;
- la circulation ;
- la mobilisation ;
- la réaction.
Le Yang met en mouvement.
Le Yin : nourrir, construire et régénérer
Le Yin correspond davantage :
- à la matière ;
- aux liquides ;
- au repos ;
- à la conservation ;
- à la nutrition ;
- à la reconstruction ;
- à la régénération.
Le Yin nourrit ce que le Yang pourra ensuite mettre en mouvement.
Il serait donc faux de considérer le Yin comme mauvais et le Yang comme bon.
Nous avons besoin des deux.
Nous avons besoin du repos pour pouvoir agir.
Nous avons besoin de matière pour pouvoir transformer.
Nous avons besoin de réserves pour pouvoir les mobiliser.
Le problème apparaît davantage lorsque nous perdons la capacité de passer souplement de l’un à l’autre.
Pour approfondir ces principes, vous pouvez consulter les bases du Yin et du Yang.
Vous pouvez également utiliser mon test Yin-Yang pour observer comment votre propre terrain semble aujourd’hui passer de l’activité au repos, de la mobilisation à la récupération.
Pourquoi l’immunité a-t-elle besoin de Yang ?
Une réponse immunitaire demande énormément de mouvement biologique.
Des cellules sont activées.
Des médiateurs sont produits.
Des cellules immunitaires se déplacent vers les tissus concernés.
Le métabolisme se modifie.
Une inflammation apparaît.
Et dans certaines situations, la température corporelle augmente.
Dans la lecture Yin-Yang, cette mobilisation possède toutes les caractéristiques du Yang : activation, mouvement, chaleur et transformation.
La fièvre en est probablement l’exemple le plus spectaculaire.
La fièvre : quand le corps produit lui-même du feu
Lors d’une fièvre, notre température n’augmente pas simplement parce que le corps serait débordé et commencerait à surchauffer.
L’organisme modifie temporairement sa régulation thermique.
Il peut alors provoquer des frissons, réduire les pertes thermiques et augmenter sa production de chaleur afin d’atteindre une température corporelle plus élevée.
Et cette élévation n’est pas biologiquement neutre.
Les températures correspondant à la fièvre influencent différentes composantes de l’immunité innée et adaptative et peuvent favoriser plusieurs étapes de la réponse immunitaire.
Voir la revue scientifique sur la fièvre et la régulation thermique de l’immunité – PubMed
Dans une lecture Yin-Yang, difficile de trouver une meilleure représentation du Yang :
activation + mouvement + chaleur + réaction.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une fièvre importante doit être ignorée. Certaines situations nécessitent une évaluation médicale.
Mais la fièvre permet de comprendre une chose fondamentale :
Une partie des symptômes que nous ressentons n’est pas produite directement par l’agresseur. Elle est produite par notre propre organisme lorsqu’il réagit.
L’été Yang peut paradoxalement nous pousser vers énormément de Yin
Prenons maintenant l’été.
L’été est profondément Yang :
soleil, chaleur, lumière, journées longues, activité et mouvement.
Lorsqu’un environnement devient extrêmement Yang, nous recherchons naturellement son opposé.
Le Yin.
Lorsqu’il fait très chaud, nous sommes attirés par davantage de liquides, de fruits et d’aliments frais.
Cette adaptation est cohérente.
Le Yang appelle le Yin.
Mais quelque chose a profondément changé dans notre alimentation moderne.
Traditionnellement, nous disposions principalement des aliments que la saison produisait : fruits, légumes et aliments naturellement plus aqueux.
Aujourd’hui, l’industrie alimentaire nous permet d’aller beaucoup plus loin dans cette recherche de Yin.
Pendant une période de forte chaleur peuvent s’accumuler :
- fruits en grandes quantités ;
- glaces ;
- sorbets ;
- sodas glacés ;
- jus de fruits ;
- boissons très froides ;
- bière ;
- vin ;
- cocktails ;
- desserts très sucrés et glacés.
Dans mon référentiel alimentaire Yin-Yang, plusieurs de ces produits vont beaucoup plus loin vers le Yin que les fruits qui accompagnent naturellement la saison chaude.
C’est tout le paradoxe :
Plus l’été devient Yang, plus il peut nous pousser à consommer énormément de Yin.
Ce n’est pas une glace consommée occasionnellement qui constitue le sujet.
C’est la répétition.
Une glace, puis un soda froid, beaucoup de fruits, une bière en soirée, du vin, une nouvelle glace le lendemain…
Pendant plusieurs semaines, la direction générale de notre alimentation peut devenir extrêmement Yin.
Pour comprendre concrètement cette classification, vous pouvez entrer directement ce que vous mangez ou buvez dans l’outil Aliments Yin-Yang et observer où chaque aliment se situe relativement aux autres.
Alimentation et boissons : quel impact sur notre terrain ?
L’alimentation ne se résume pas aux calories, aux glucides, aux protéines, aux vitamines ou aux minéraux.
Dans mon approche, j’observe également la direction dans laquelle l’alimentation fait évoluer le terrain.
Un aliment n’est d’ailleurs jamais Yin ou Yang dans l’absolu.
Il est plus Yin ou plus Yang relativement à un autre aliment, à une personne et à son environnement.
C’est pourquoi manger davantage Yin lorsqu’il fait très chaud peut être parfaitement cohérent.
Le problème est l’excès et la perte de capacité à retrouver l’autre polarité lorsque l’environnement change.
C’est également pour cette raison que les boissons ont autant d’importance.
Eau, boissons gazeuses, café, thé, alcool, bière, vin, jus de fruits ou boissons sucrées ne déplacent pas le terrain de la même manière dans cette grille de lecture.
Et la température à laquelle nous consommons un produit n’est pas, à elle seule, suffisante pour déterminer sa nature Yin-Yang.
Une boisson chaude peut rester très Yin dans cette classification, comme un aliment froid n’est pas nécessairement parmi les aliments les plus Yin.
Vous pouvez comparer directement aliments et boissons avec l’outil interactif Aliments Yin-Yang.
Et puisque l’effet d’un aliment doit également être replacé par rapport à celui qui le consomme, vous pouvez mettre cette information en relation avec votre propre tendance Yin-Yang grâce au test.
Et votre alimentation, est-elle plutôt Yin ou Yang ?
Fruits, produits laitiers, bière, vin, café, sucre, céréales, viande… leur position n’est pas la même dans la lecture Yin-Yang.
Découvrir l’outil Aliments Yin-Yang
Produits laitiers, Humidité et Mucosités : la lecture de la médecine chinoise
Il existe une autre famille alimentaire particulièrement intéressante lorsqu’on parle des voies respiratoires : les produits laitiers.
Dans la diététique traditionnelle chinoise, une consommation importante de produits laitiers est souvent considérée comme susceptible de favoriser chez certains terrains l’Humidité et les Mucosités.
Cette notion ne signifie pas qu’un verre de lait va physiologiquement remplir les poumons de mucus.
Il faut distinguer le langage traditionnel de la physiologie moderne.
Mais dans cette grille de lecture, lait, crème, desserts lactés et certains fromages consommés en excès peuvent participer à un terrain plus Yin, plus humide et davantage sujet aux phénomènes de stagnation.
La notion de Mucosités devient alors particulièrement intéressante lorsqu’elle est mise en relation avec le Poumon.
Dans cette lecture, le problème n’est pas seulement la présence de liquide.
C’est aussi sa capacité à circuler.
Nous retrouvons exactement la même logique que dans le reste du Yin-Yang :
le Yin nourrit et humidifie ; le Yang transforme, mobilise et fait circuler.
Lorsque les liquides sont abondants mais que leur transformation et leur circulation deviennent insuffisantes, la tradition chinoise parle volontiers d’Humidité ou de Mucosités.
Chez une personne qui consomme déjà énormément de Yin — fruits, glaces, boissons froides, alcool, sucre — une consommation importante de produits laitiers peut donc, dans cette grille traditionnelle, accentuer encore cette orientation du terrain.
Il faut néanmoins conserver une distinction : la médecine moderne ne considère pas les produits laitiers comme une cause générale d’augmentation de la production de mucus respiratoire chez tous les individus.
Nous sommes ici dans une lecture du terrain issue de la tradition chinoise.
L’automne : quand le Yang extérieur commence à disparaître
Puis arrive l’automne.
Les journées raccourcissent.
Les températures diminuent.
Le Yang qui nous entourait pendant l’été commence à disparaître.
Dans la tradition chinoise, l’automne est associé au Poumon.
C’est précisément à cette période que réapparaissent chez beaucoup de personnes :
rhumes, rhinopharyngites, angines, sinusites, otites, laryngites, toux et bronchites.
La médecine moderne l’explique notamment par la circulation saisonnière des virus, la reprise des collectivités, la vie en intérieur et les modifications de température et d’humidité.
La lecture Yin-Yang ajoute une autre question :
Dans quel état notre terrain arrive-t-il à ce changement de saison ?
Après plusieurs mois durant lesquels le Yang extérieur était abondant et où nous avons pu consommer énormément de Yin, le corps doit maintenant fonctionner dans un environnement qui lui apporte progressivement moins de chaleur.
Il doit changer de stratégie.
L’hiver : le grand Yin
Puis vient l’hiver.
L’hiver est le grand Yin du cycle annuel.
Froid.
Obscurité.
Journées courtes.
Ralentissement de la nature.
Moins de chaleur extérieure.
Le corps doit pourtant continuer à maintenir sa température, son activité métabolique, son immunité et l’ensemble de ses fonctions.
C’est ici qu’intervient une autre notion importante de la lecture Yin-Yang :
le capital constitué pendant les périodes précédentes.
Le Yin nourrit, construit et constitue les réserves.
Le Yang les mobilise.
Nous pourrions comparer cela à un capital constitué lorsque les conditions étaient favorables et que nous allons progressivement utiliser lorsque l’environnement devient plus difficile.
Mais il existe un deuxième problème.
L’hiver est déjà extrêmement Yin.
Si notre alimentation continue elle aussi à aller fortement vers le Yin, les deux dynamiques peuvent s’additionner.
Alcool, sucre, excès de produits laitiers, jus de fruits, fruits tropicaux, boissons sucrées et différents aliments très Yin peuvent continuer à être consommés alors même que le Yang de l’environnement a disparu.
C’est pourquoi la question n’est pas simplement de manger « chaud » en hiver.
Un aliment servi chaud peut rester très Yin dans cette grille de lecture.
Il faut observer la direction générale de l’alimentation.
La soupe que vous prenez le soir va t elle vraiment vous aider ?
Vous pouvez justement vérifier où se situent les aliments et les boissons que vous consommez en hiver avec l’outil Aliments Yin-Yang.
La question devient donc :
Avec quelles réserves, quelle alimentation et quelle capacité de mobilisation suis-je arrivé dans le grand Yin de l’hiver ?
Qu’est-ce que le seuil de tolérance du corps ?
Imaginons maintenant que le terrain se déplace progressivement dans une direction.
Un peu plus de Yin.
Puis encore.
Puis encore.
Pendant un certain temps, nous ne ressentons rien.
Le corps compense.
Il s’adapte.
Puis arrive un moment où cette compensation devient plus difficile.
C’est ce que j’appelle le seuil de tolérance.
On pourrait le représenter ainsi :
accumulation → compensation → accumulation → compensation → seuil → réaction.
Dans cette lecture, certaines crises aiguës peuvent apparaître au moment où l’organisme cherche brutalement à changer de dynamique.
Sécrétions, mucus, toux, chaleur et inflammation représentent alors un mouvement très différent de l’état qui les précédait.
Mais une distinction est essentielle.
Cela ne signifie pas que le corps crée volontairement une infection pour se nettoyer.
Un rhinovirus reste un virus.
Une grippe reste une infection virale.
Une angine bactérienne reste une infection bactérienne.
Le terrain n’annule pas l’agent infectieux.
La question Yin-Yang porte sur la manière dont l’organisme répond à cette agression.
Une maladie aiguë signifie-t-elle que notre corps est faible ?
Pas nécessairement.
C’est même une confusion fréquente.
Pour produire :
- une fièvre ;
- une inflammation importante ;
- une toux puissante ;
- une mobilisation immunitaire rapide ;
- puis une récupération ;
il faut disposer d’une capacité de réaction.
Réagir demande de l’énergie.
Une manifestation aiguë spectaculaire n’est donc pas automatiquement la preuve d’un organisme plus faible qu’un organisme qui ne réagit presque pas.
La véritable question est plutôt :
Le corps est-il capable de produire une réponse adaptée, puis de la terminer ?
Pourquoi les enfants font-ils souvent des maladies si explosives ?
L’enfant offre une image remarquable de cette dynamique.
Il peut courir et jouer le matin, développer une forte fièvre quelques heures plus tard, être complètement abattu pendant une journée puis retrouver très rapidement son énergie.
Bien entendu, cela ne signifie pas que les infections de l’enfant sont toujours bénignes. Certaines nécessitent une prise en charge médicale rapide.
Mais cette capacité à changer rapidement d’état illustre quelque chose d’essentiel :
l’enfant possède généralement une grande plasticité physiologique.
Dans la lecture Yin-Yang :
beaucoup de Yang → réaction rapide → réaction intense → récupération → retour vers le Yin.
Ce qui est remarquable n’est finalement pas seulement la puissance de la réaction.
C’est la vitesse avec laquelle l’organisme peut passer d’un état à l’autre puis revenir.
La cohérence du vivant : la capacité du corps à faire l’élastique
C’est précisément ce que j’appelle la cohérence du vivant.
Imaginez un élastique.
Vous pouvez le tirer fortement dans une direction.
Puis dans l’autre.
Tant qu’il conserve sa souplesse, il revient.
Notre organisme fonctionne en permanence de cette manière.
Un effort physique nous déséquilibre.
Une mauvaise nuit nous déséquilibre.
Une forte chaleur nous déséquilibre.
Un repas excessif nous déséquilibre.
Le froid nous déséquilibre.
Une infection nous déséquilibre.
La santé ne consiste donc pas à ne jamais sortir de l’équilibre.
Elle consiste en grande partie à conserver la capacité d’y revenir.
C’est cela, la cohérence du vivant.
Chez l’enfant, cet élastique possède généralement une amplitude remarquable.
Puis cette capacité tend à diminuer avec le vieillissement.
Nos réserves physiologiques diminuent, certains systèmes récupèrent moins rapidement et l’immunité elle-même évolue avec l’âge.
Dans ma lecture Yin-Yang, une partie de cette évolution peut être représentée comme une rigidification progressive vers le Yin :
ralentissement, moindre mobilité, récupération plus longue, diminution de la chaleur et réactions parfois moins explosives.
Il ne s’agit pas d’affirmer que le vieillissement est médicalement une « accumulation de Yin ».
Il s’agit d’une représentation permettant de comprendre une perte progressive de plasticité.
C’est pourquoi la question centrale de mon approche n’est pas :
« Comment éviter tout déséquilibre ? »
mais :
« Comment conserver suffisamment de souplesse pour pouvoir nous déséquilibrer puis revenir ? »
Cette notion est également au cœur de Cohérence 21, où alimentation, rythmes, récupération, désinflammation et capacité d’adaptation sont envisagés ensemble plutôt que comme des mécanismes indépendants.
Pourquoi certaines personnes ne font-elles aucune crise à l’automne ?
C’est une question importante.
On pourrait être tenté de penser :
« Je ne suis jamais malade en automne, donc mon terrain est excellent. »
Pas nécessairement.
L’absence de réaction spectaculaire ne permet pas à elle seule de connaître l’état du terrain.
Certaines personnes traversent effectivement l’automne sans problème parce que leur organisme s’adapte parfaitement.
Mais dans la lecture Yin-Yang, une autre situation est possible :
l’organisme ne dispose plus d’une capacité de réaction suffisamment importante pour produire une réponse très Yang.
Il peut alors arriver plus profondément dans l’hiver avant de rencontrer une agression qu’il ne parvient plus à gérer facilement.
La situation devient très différente :
peu de réaction spectaculaire au départ, mais beaucoup de fatigue, récupération longue, rechutes ou symptômes persistants.
Dans ce cas, je ne parlerais plus de « crise d’élimination ».
Nous sommes davantage face à un organisme qui rencontre une agression alors que sa capacité de mobilisation est réduite.
Cette distinction est fondamentale.
Aigu ou chronique : deux dynamiques très différentes
Une réaction aiguë peut suivre une dynamique :
forte → rapide → intense → terminée.
Une situation chronique peut devenir :
moins intense → persistante → fatigante → difficile à terminer.
Dans la lecture Yin-Yang, cette deuxième situation peut être interprétée comme une difficulté à mobiliser suffisamment de Yang pour produire une réaction organisée puis revenir à l’équilibre.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une maladie chronique est médicalement provoquée par un « manque de Yang ».
Une maladie chronique peut avoir des mécanismes inflammatoires, immunitaires, infectieux, hormonaux, neurologiques ou métaboliques très différents.
Le Yin-Yang décrit ici une dynamique du terrain, pas un diagnostic médical.
Rhume : pourquoi le nez coule-t-il ?
Lors d’un rhume, les muqueuses nasales s’enflamment et les sécrétions augmentent.
Le mucus n’est pas un déchet inutile.
Il protège les muqueuses, piège différentes particules et participe avec les cils de l’épithélium respiratoire à leur évacuation.
Le nez qui coule est donc aussi une muqueuse en pleine réaction.
Dans la lecture Yin-Yang, nous pouvons observer deux phénomènes simultanément :
le liquide et les sécrétions possèdent une dimension Yin ; leur mobilisation et leur évacuation représentent un mouvement Yang.
Angine : pourquoi la gorge s’enflamme-t-elle ?
L’angine correspond à une inflammation aiguë des amygdales.
Elle est souvent virale et parfois bactérienne.
Rougeur, chaleur, gonflement et douleur sont des manifestations de la réaction inflammatoire locale.
Dans la lecture Yin-Yang, l’inflammation est particulièrement intéressante parce qu’elle associe :
chaleur + activation + afflux + réaction.
Autant de caractéristiques très Yang.
Sinusite : pourquoi le mucus reste-t-il bloqué ?
Les sinus communiquent avec les fosses nasales par de petits orifices.
Lorsqu’une inflammation importante des muqueuses apparaît, le drainage peut devenir plus difficile.
Les sécrétions s’accumulent alors dans une cavité qui se draine moins correctement.
C’est un excellent exemple pour comprendre que toute sécrétion n’est pas nécessairement une élimination efficace.
Dans la lecture Yin-Yang, il faut distinguer :
produire du liquide
de
être capable de le mettre en mouvement et de l’évacuer.
Beaucoup de Yin sans suffisamment de mouvement peut justement conduire à une forme de stagnation.
Otite : pourquoi du liquide peut-il s’accumuler derrière le tympan ?
L’oreille moyenne communique avec le rhinopharynx par la trompe d’Eustache.
Lors d’une infection ORL, l’inflammation peut perturber son fonctionnement et favoriser l’accumulation de liquide dans l’oreille moyenne.
C’est particulièrement fréquent chez l’enfant en raison notamment de son anatomie.
Là encore, parler simplement de « nettoyage » serait faux.
Une otite illustre plutôt un problème de circulation et de drainage local dans un contexte inflammatoire.
Cette nuance est importante dans une lecture Yin-Yang sérieuse.
Laryngite : pourquoi perd-on sa voix ?
La laryngite correspond à une inflammation du larynx et notamment des cordes vocales.
Lorsque celles-ci gonflent, leur vibration se modifie.
La voix devient rauque, faible ou peut momentanément disparaître.
Laryngite, angine, rhume ou bronchite ne sont donc pas différentes expressions d’une même maladie.
Elles concernent des territoires anatomiques différents.
Ce qui les relie dans cet article est la manière dont les muqueuses et le système immunitaire réagissent.
Bronchite : pourquoi toussons-nous ?
La toux est un réflexe de défense.
Elle permet notamment de mobiliser et d’expulser des sécrétions ou des substances irritantes présentes dans les voies respiratoires.
Lors d’une bronchite aiguë, l’inflammation des bronches peut s’accompagner d’une augmentation des sécrétions.
La toux devient alors un formidable exemple de mouvement :
pression, contraction musculaire, déplacement brutal de l’air et mobilisation du mucus.
Dans la lecture Yin-Yang :
le mucus est Yin ; sa mise en mouvement est Yang.
C’est beaucoup plus précis que de dire simplement :
« La bronchite sert à éliminer le Yin. »
Quel est le rôle du magnésium dans cette capacité de réaction ?
Le magnésium mérite une place particulière dans cette réflexion.
Il intervient dans un très grand nombre de réactions enzymatiques et joue un rôle essentiel dans le métabolisme énergétique cellulaire.
L’ATP, souvent présenté comme la « monnaie énergétique » de la cellule, fonctionne largement associé au magnésium sous forme de complexe Mg-ATP.
Or une réponse immunitaire demande de l’énergie.
Le magnésium intervient également dans différents mécanismes liés à l’immunité et à l’inflammation.
Mais il faut éviter un raccourci :
« Prendre du magnésium empêche d’attraper des infections. »
Ce n’est pas ce que permettent d’affirmer les données scientifiques.
Le magnésium participe au fonctionnement normal du métabolisme et du système immunitaire. Cela ne signifie pas qu’une supplémentation systématique protège des infections.
L’histoire du magnésium est néanmoins passionnante.
Au XXe siècle, le chirurgien Pierre Delbet développe la notion de cytophylaxie : plutôt que de chercher uniquement à tuer directement un micro-organisme, il s’intéresse à la capacité des cellules et du terrain à lui résister.
Le médecin Auguste Neveu prolongera ensuite cette réflexion en utilisant le chlorure de magnésium dans différentes maladies infectieuses.
Ces observations historiques ne constituent pas la preuve moderne que le chlorure de magnésium traite les infections.
Mais l’idée qui les sous-tend rejoint remarquablement la question posée dans cet article :
Pourquoi deux organismes exposés au même agent infectieux ne répondent-ils pas de la même manière ?
J’ai consacré un dossier complet à ce sujet :
Pierre Delbet, Auguste Neveu, chlorure de magnésium et maladies infectieuses
Comment préserver notre capacité d’adaptation ?
Chercher à « renforcer l’immunité » avec un produit unique est probablement une mauvaise manière de poser le problème.
Notre capacité de réaction dépend d’un ensemble :
- sommeil ;
- alimentation ;
- disponibilité énergétique ;
- activité physique ;
- exposition à la lumière ;
- rythmes biologiques ;
- âge ;
- état nutritionnel ;
- niveau d’inflammation ;
- récupération ;
- environnement ;
- capacité à alterner activité et repos.
C’est exactement la logique du Yin et du Yang.
Nous avons besoin de Yang pour agir et réagir.
Mais nous avons besoin de Yin pour nourrir, dormir, réparer et reconstruire ce Yang.
Vouloir devenir toujours plus Yang finirait donc par épuiser le système.
Et rester constamment dans le Yin réduirait progressivement sa capacité de mobilisation.
La santé est dans le mouvement entre les deux.
C’est également pourquoi il est plus intéressant d’observer simultanément où se situe votre terrain et où se situent les aliments et boissons que vous consommez plutôt que de chercher une alimentation identique pour tout le monde et toute l’année.
Ce que les rhumes et les changements de saison peuvent nous apprendre
Rhume, angine, sinusite, otite ou bronchite ne doivent évidemment pas être considérés comme de simples « nettoyages ».
Il existe des virus, des bactéries, des inflammations et parfois des complications qui nécessitent une prise en charge médicale.
Mais réduire toute la maladie à l’agent infectieux laisse également une question sans réponse :
Pourquoi notre manière de réagir change-t-elle autant selon l’âge, le terrain, la saison ou notre état de fatigue ?
C’est là que la lecture Yin-Yang retrouve tout son intérêt.
Elle ne cherche pas à remplacer la physiologie.
Elle cherche à observer la dynamique de la réponse :
accumuler,
mobiliser,
chauffer,
refroidir,
produire,
évacuer,
ralentir,
réagir,
puis récupérer.
La question fondamentale n’est peut-être donc pas :
« Comment faire pour ne plus jamais tomber malade ? »
Mais plutôt :
« Mon corps possède-t-il encore suffisamment de souplesse pour réagir lorsqu’il le faut, puis retrouver rapidement son équilibre ? »
C’est cette capacité à faire l’élastique que j’appelle la cohérence du vivant.
FAQ : rhume, froid, immunité et Yin-Yang
Est-ce le froid qui donne le rhume ?
Non. Le rhume est provoqué par des virus.
En revanche, les conditions hivernales favorisent leur transmission et des travaux expérimentaux montrent que le refroidissement des voies respiratoires supérieures peut diminuer certains mécanismes locaux de défense antivirale.
Voir l’étude scientifique – PubMed
Pourquoi suis-je malade à chaque changement de saison ?
Plusieurs facteurs peuvent intervenir : circulation des virus, modification des températures et de l’humidité, changements de rythme, sommeil, vie en collectivité et état général du terrain.
Dans la lecture Yin-Yang, les changements de saison représentent également des périodes durant lesquelles l’organisme doit modifier rapidement sa stratégie d’adaptation.
Pourquoi ai-je le nez qui coule lorsqu’il fait froid ?
Le nez doit réchauffer et humidifier l’air inspiré.
Le froid modifie également le fonctionnement des muqueuses nasales.
Un nez qui coule au froid ne signifie donc pas nécessairement que vous êtes infecté.
Peut-on attraper un rhume à cause de la climatisation ?
La climatisation ne crée pas un virus.
Elle peut néanmoins exposer les voies respiratoires à un air froid et sec ainsi qu’à des écarts thermiques importants.
Une infection nécessite toujours la présence d’un agent infectieux.
Les produits laitiers donnent-ils davantage de mucus ?
Ce n’est pas démontré comme une règle générale par la physiologie moderne.
En revanche, la diététique chinoise classe traditionnellement une consommation importante de produits laitiers parmi les facteurs susceptibles de favoriser Humidité et Mucosités chez certains terrains.
Il est donc important de distinguer les deux grilles de lecture.
Pourquoi les enfants font-ils souvent beaucoup de fièvre ?
Le système immunitaire de l’enfant peut réagir fortement à de nombreuses infections.
La fièvre fait partie des réponses régulées de l’organisme.
Une forte fièvre n’est cependant pas à banaliser : l’âge de l’enfant, son état général et les symptômes associés sont essentiels.
Une forte fièvre signifie-t-elle que l’immunité est faible ?
Pas nécessairement.
La fièvre est elle-même une réponse de l’organisme. Son intensité ne permet pas, à elle seule, de mesurer la qualité de l’immunité.
Les températures fébriles influencent d’ailleurs plusieurs mécanismes immunitaires.
Voir la revue scientifique sur la fièvre et l’immunité – PubMed
Pourquoi une toux peut-elle durer après une infection ?
L’inflammation et l’hypersensibilité des voies respiratoires peuvent persister après la disparition de l’infection initiale.
Une toux persistante, qui s’aggrave ou s’accompagne de signes inquiétants mérite une évaluation médicale.
Le mucus est-il un déchet ?
Non.
Le mucus joue un rôle de protection des muqueuses et participe à la capture et à l’évacuation de particules et de micro-organismes.
Peut-on renforcer son immunité avant l’hiver ?
Il n’existe pas un interrupteur permettant de « booster » globalement l’immunité.
Sommeil suffisant, alimentation adaptée, activité physique, correction d’éventuelles carences, rythmes réguliers et récupération contribuent en revanche au fonctionnement normal du système immunitaire.
Dans la lecture Yin-Yang, l’objectif est surtout de conserver la capacité à mobiliser du Yang lorsque cela devient nécessaire sans épuiser les ressources Yin qui permettent ensuite la récupération.
Le magnésium renforce-t-il l’immunité ?
Le magnésium est nécessaire au fonctionnement normal de nombreuses réactions cellulaires et intervient dans le métabolisme énergétique et différents mécanismes immunitaires.
Cela ne signifie pas qu’une supplémentation systématique protège contre les infections.
Pour comprendre l’histoire de cette relation entre magnésium, terrain et maladies infectieuses, consultez mon dossier sur Pierre Delbet, Auguste Neveu et le chlorure de magnésium.
Comment savoir si mon alimentation est trop Yin ?
Il faut regarder l’ensemble de l’alimentation et non un seul aliment.
La saison, votre terrain, la quantité, la répétition et les aliments auxquels on compare un produit sont essentiels.
Vous pouvez commencer par rechercher ce que vous consommez régulièrement dans l’outil Aliments Yin-Yang.
Pour aller plus loin
Pour comprendre les principes utilisés dans cet article : Quelles sont les bases du Yin-Yang et comment les appliquer ?
Pour observer votre propre terrain : Test Yin-Yang : êtes-vous plutôt Yin ou Yang ?
Pour comparer vos aliments et vos boissons : Outil Aliments Yin-Yang
Pour comprendre la capacité du corps à retrouver son équilibre : Cohérence 21 et cohérence du vivant
Pour approfondir la relation entre terrain, magnésium et maladies infectieuses : Pierre Delbet, Auguste Neveu et le chlorure de magnésium
À propos de Sébastien LIEVRE
Sébastien LIEVRE est praticien en santé taoïste chinoise et naturopathie, avec plus de 20 ans d’expérience dans l’accompagnement du terrain biologique.
Il a développé le concept de cohérence du vivant, qui désigne la capacité du corps à maintenir un équilibre dynamique entre ses fonctions, ses rythmes et son environnement.
Son travail relie la physiologie moderne, l’observation du terrain, l’alimentation et la lecture Yin-Yang afin de mieux comprendre non seulement les symptômes, mais surtout la manière dont l’organisme s’adapte, se déséquilibre et tente de retrouver sa cohérence.
Sébastien LIEVRE – Santé taoïste chinoise et cohérence du vivant