Excès d’humidité dans le corps : comprendre et assécher le terrain

Ce matin à Vannes, il pleut.

L’air est frais, humide. Après un été particulièrement chaud, le contraste est saisissant. En quelques jours, l’environnement a changé.

Et c’est souvent à ce moment-là que certaines personnes commencent à ressentir elles aussi un changement : le nez coule, la gorge devient sensible, les sécrétions apparaissent, le corps paraît plus lourd. Chez d’autres, ce sont les jambes, les gonflements ou la rétention d’eau qui deviennent plus perceptibles.

Alors on accuse facilement le froid, la pluie ou l’humidité.

Mais si le problème avait commencé bien avant les premières pluies ?

Le paradoxe d’un été très chaud

Revenons quelques semaines en arrière.

Lorsqu’il fait très chaud, nous cherchons naturellement à nous rafraîchir : davantage de fruits et de crudités, boissons fraîches, glaçons, glaces, parfois plus d’alcool.

C’est une réaction parfaitement compréhensible.

Mais dans la lecture Yin-Yang que j’utilise, elle crée un paradoxe intéressant :

plus l’environnement est Yang, chaud et solaire, plus nous sommes tentés d’introduire du Yin pour nous rafraîchir.

Puis l’été se termine.

Les températures baissent, les journées raccourcissent, la pluie revient. L’environnement extérieur change de direction.

Et ce qui était jusque-là relativement silencieux peut commencer à se manifester.

La question n’est donc peut-être pas seulement :

« Quel temps fait-il aujourd’hui ? »

Mais plutôt :

« Dans quel état se trouvait mon corps lorsque le froid et l’humidité sont arrivés ? »

Cinq cuillères de glace pendant tout l’été

Il y a quelques jours, sous l’une de mes publications, une personne qui avait suivi DD21 ( cohérence 21 aujourd’hui ) m’a laissé ce commentaire :

Ce commentaire m’a intéressé.

Pas parce que cette personne avait réussi à « résister » à la glace.

Ce n’est justement pas le but.

Ce qu’elle exprimait, c’est qu’elle avait commencé à regarder son alimentation autrement.

La glace, les glaçons ou les fruits crus n’étaient plus simplement des aliments « bons » ou « mauvais ». Elle savait dans quelle direction ils pouvaient faire évoluer son terrain.

C’est ce que je cherche à transmettre avec le Yin-Yang : non pas ajouter de nouvelles interdictions, mais apprendre à observer et à choisir.

Mais pourquoi plaçait-elle spontanément la glace, les glaçons et les fruits crus dans la même direction ?

Pour le comprendre, il faut revenir à la base.

Le Yin est d’abord une force d’expansion

Le Yin correspond aux forces d’expansion et de dilatation, tandis que le Yang correspond aux forces de concentration et de contraction.

L’humidité permet de visualiser très simplement ce mouvement.

Prenez une matière sèche et mettez-la au contact de l’eau. Elle absorbe cette eau, augmente de volume et gonfle.

Elle s’expanse.

Nous sommes dans une dynamique Yin.

C’est l’une des clés pour comprendre le Yin et le Yang⁠ autrement qu’à travers une simple liste d’aliments ou de symptômes.

Attention cependant à ne pas inverser le raisonnement.

Tout gonflement n’est pas nécessairement provoqué par de l’eau. Un œdème, une inflammation, un lymphœdème ou une dilatation vasculaire peuvent avoir des mécanismes physiologiques très différents.

La lecture Yin-Yang ne remplace pas ces explications médicales.

Elle permet d’observer la direction du phénomène : lorsqu’une structure se dilate, s’étend ou gonfle, elle va dans le sens de l’expansion.

L’humidité n’est qu’une partie de l’histoire

Réduire le Yin à l’humidité serait donc une erreur.

L’humidité est l’une des manifestations possibles d’une dynamique beaucoup plus vaste.

Chez certaines personnes, l’accumulation de liquides et les gonflements seront particulièrement visibles. Chez d’autres, ce seront les jambes lourdes, la circulation ou la lymphe.

Ces situations ont des mécanismes différents et ne doivent pas être confondues. Je les développe dans l’article consacré à la rétention d’eau, la cellulite, le lipœdème et le lymphœdème⁠.

Chez d’autres personnes encore, c’est la sphère respiratoire qui réagit davantage.

Et cela nous ramène à cette matinée pluvieuse à Vannes.

Pourquoi la sphère pulmonaire réagit-elle au changement de saison ?

À chaque respiration, nos voies respiratoires sont directement confrontées à l’air extérieur.

Lorsque l’environnement change, cette interface avec l’extérieur devient particulièrement intéressante à observer.

Dans la lecture traditionnelle des cinq éléments, des saisons et du Yin-Yang⁠, l’automne est associé au Poumon.

Après la chaleur de l’été, l’arrivée d’un environnement plus frais et humide constitue donc un changement important.

Cela ne signifie évidemment pas que la pluie provoque automatiquement un trouble respiratoire. Deux personnes exposées exactement aux mêmes conditions ne réagiront pas nécessairement de la même manière.

Pourquoi ?

Parce que l’environnement n’est qu’une partie de l’équation.

Le terrain sur lequel arrive cet environnement compte tout autant.

Lorsqu’apparaissent nez qui coule, gorge sensible ou épisodes ORL, j’ai développé cette question plus précisément dans l’article consacré au mal de gorge, aux angines et aux troubles ORL⁠.

Mais revenons à l’humidité, car une question assez logique apparaît maintenant.

Nez qui coule : que cherche à faire le corps ?

Un nez qui coule n’est pas seulement un symptôme à faire disparaître. Dans la lecture Yin-Yang, il peut aussi être observé comme une réaction d’élimination face à un excès d’humidité et de Yin.

Dans cette vidéo, je vous explique pourquoi le nez peut se mettre à couler, notamment lors des changements de saison, et comment comprendre cette réaction à travers la santé taoïste chinoise et la cohérence du vivant.

Nez qui coule : comprendre ce qui se passe

Dans cette vidéo, je reviens sur le nez qui coule et sur la manière dont on peut observer ce phénomène à travers le Yin-Yang et le terrain.

Pour s’assécher, faudrait-il boire moins ?

Trop d’humidité = trop d’eau.

Il suffirait donc de boire moins ?

Non.

Et c’est là que le Yin-Yang devient beaucoup plus intéressant qu’une simple association entre eau et humidité.

Dans cette lecture, une boisson possède elle aussi des caractéristiques susceptibles d’orienter le terrain.

Sa température compte. Sa nature compte. Sa quantité compte. Le moment auquel elle est consommée compte également.

Deux boissons contenant principalement de l’eau ne sont donc pas nécessairement équivalentes dans une lecture Yin-Yang.

Et ce raisonnement ne concerne pas seulement les boissons.

La cuisson transforme un aliment. La quantité change son impact. L’association des aliments modifie l’ensemble du repas. La constitution de celui qui mange doit également être prise en compte.

Autrement dit, ce n’est pas seulement ce que l’on mange ou ce que l’on boit qui importe, mais la manière dont l’ensemble s’inscrit dans notre terrain.

Le visage peut également nous donner des indications intéressantes au réveil. Paupières gonflées, sensation de lourdeur ou nez bouché peuvent avoir plusieurs explications physiologiques, mais aussi être observés à travers la dynamique Yin-Yang. Pour approfondir cette question, découvrez pourquoi les yeux gonflent et le nez se bouche le matin.

Comment savoir alors ce qui est trop Yin ?

Je pourrais maintenant vous donner une longue liste.

Cet aliment est Yin. Celui-ci est Yang. Cette boisson est préférable. Celle-ci est à éviter.

Mais cela reproduirait précisément ce que je cherche à éviter.

Une liste ne rend pas autonome.

Il est beaucoup plus intéressant d’apprendre à comprendre pourquoi.

Comment analyser un aliment ?

Que change la cuisson ?

Comment observer un repas dans son ensemble ?

Comment reconnaître sa propre constitution ?

Pourquoi quelque chose peut-il être adapté à une personne, à une saison ou à un moment particulier et beaucoup moins à un autre ?

C’est précisément pour répondre à ce type de questions que j’ai développé les 7 outils Yin-Yang.

Ils permettent d’explorer les aliments, la cuisson, les repas, la constitution et les transformations alimentaires pour apprendre progressivement à faire ses propres choix.

Et cela nous ramène à ces cinq cuillères de glace.

Le but n’était pas de supprimer la glace

La personne dont je vous parlais au début n’avait pas simplement appris une règle :

« La glace est Yin, donc je ne mange plus de glace. »

Ce serait remplacer une croyance par une autre.

Elle avait commencé à comprendre dans quelle direction certains choix alimentaires pouvaient faire évoluer son terrain.

C’est très différent.

Et c’est cette autonomie qui m’intéresse.

Le programme DD21 qu’elle avait suivi a depuis évolué.

Il s’appelle aujourd’hui Équilibre Détox Yin Yang – Cohérence 21⁠ et les 7 outils Yin-Yang y sont intégrés.

L’objectif n’est pas simplement de suivre correctement un programme pendant 21 jours.

C’est de commencer à comprendre suffisamment son propre fonctionnement pour ne plus avoir besoin qu’on vous dise constamment quoi manger et quoi éviter.

Détoxifier ne signifie pas seulement éliminer des toxines

Le mot « détox » mérite d’ailleurs une explication.

On l’associe aujourd’hui rapidement aux toxines, aux polluants, aux métaux lourds ou à l’idée de « nettoyer » l’organisme.

Ce n’est pas le sens principal que je lui donne dans Détox Yin Yang – Cohérence 21.

Détoxifier peut être compris beaucoup plus simplement :

identifier ce qui est en excès et cesser de l’entretenir.

Un déséquilibre peut théoriquement évoluer dans une direction Yin ou dans une direction Yang.

Dans ma pratique auprès des adultes, après plus de 20 ans d’accompagnement, j’estime cependant qu’environ 98 % des personnes que je rencontre présentent, selon cette grille de lecture, un terrain dominé par un excès de Yin.

Cela ne signifie surtout pas que le Yin soit mauvais.

Sans Yin, il n’y a pas davantage de vie que sans Yang.

C’est l’excès qui nous intéresse.

Si vous souhaitez approfondir cette distinction, je développe spécifiquement les signes et les différences entre excès de Yin et excès de Yang⁠.

21 jours pour retrouver de la cohérence

C’est le principe de Equilibre Détox Yin Yang – Cohérence 21⁠.

Pendant 21 jours, l’objectif est de réduire les facteurs qui entretiennent le déséquilibre tout en apprenant à les reconnaître.

Alimentation, boissons, cuisson, rythmes, activité, constitution : progressivement, on commence à regarder son quotidien autrement.

Les 7 outils Yin-Yang inclus dans Détox Yin Yang – Cohérence 21 permettent d’aller plus loin et surtout de conserver cette autonomie.

Parce que l’objectif n’est pas d’être parfait pendant 21 jours.

L’objectif est de savoir quoi faire le 22e jour.

Et peut-être, l’été suivant, de pouvoir regarder cinq cuillères de glace autrement que comme un aliment interdit.

Découvrir Détox Yin Yang – Cohérence 21⁠

Retrouver la cohérence plutôt que rechercher la perfection

Notre environnement change continuellement.

Il fait chaud, puis froid. Sec, puis humide.

Notre alimentation change. Notre activité change. Notre âge change.

Chercher un état parfaitement fixe n’aurait donc pas beaucoup de sens.

La cohérence consiste plutôt à développer une capacité d’adaptation : observer ce qui change et savoir modifier certaines habitudes lorsque l’on s’éloigne trop de son équilibre.

C’est ce que j’appelle la cohérence du vivant.

Et c’est là, pour moi, que le Yin-Yang devient réellement utile.

Non pas comme une théorie supplémentaire à mémoriser.

Mais comme un outil pour observer le vivant et retrouver de l’autonomie.

À propos de l’auteur

Sébastien LIEVRE⁠ est praticien en santé taoïste chinoise⁠ et naturopathie, avec plus de 20 ans d’expérience dans l’accompagnement du terrain biologique.

Il a développé le concept de cohérence du vivant, une approche qui observe la capacité du corps à maintenir un équilibre dynamique entre ses fonctions, ses rythmes et son environnement, notamment à travers la compréhension du Yin et du Yang⁠.

Il accompagne également depuis 18 ans des personnes lors de semaines de jeûne prolongé⁠ ou semaine en immersion Yin Yang équilibre detox en France et au Brésil.

Sébastien LIEVRE – Santé taoïste chinoise et cohérence du vivant